mardi 19 mai 2026

Un étudiant poignardé à mort : l’affaire d’Henry Nowak bouleverse le Royaume-Uni

En décembre 2025, la mort tragique d’Henry Nowak (ci-contre), étudiant britannique de 18 ans d’origine polonaise, a profondément choqué le Royaume-Uni. Le procès en cours devant la Southampton Crown Court révèle une succession d’éléments troublants : une altercation qui tourne au drame, des accusations lancées presque instantanément, une intervention policière contestée et des comportements familiaux qui alimentent de nombreuses interrogations.

Étudiant en première année de comptabilité et de finance à l’University of Southampton, Henry était décrit comme un jeune homme apprécié, passionné de football et plein d’avenir. Dans la nuit du 3 décembre, après une sortie avec ses coéquipiers, il rentrait à pied à Southampton tout en échangeant des vidéos Snapchat avec ses amis.

L’une de ces vidéos est devenue une pièce centrale du dossier. On y voit Henry croiser Vickrum Digwa, 23 ans, qui porte ostensiblement un couteau cérémoniel sikh dans un fourreau visible sur ses vêtements. Il ne s’agit pas d’un simple objet symbolique de petite taille : la lame mesurait environ 21 centimètres. Une dimension qui, à elle seule, rapproche davantage l’objet d’un véritable couteau de combat que d’un accessoire anodin ou purement décoratif.

Un bref échange suit. Sur un ton apparemment provocateur ou moqueur, Henry lance : « Tu fais le dur [ou le caïd] ? Dis que tu fais le dur. » Digwa répond : « Je fais le dur. »

Quelques secondes plus tard, l’enregistrement s’interrompt.

Selon l’accusation, Henry reçoit alors quatre coups de couteau. Une blessure profonde à la poitrine lui transperce un poumon ; un coup entaille sa mâchoire et d’autres coups atteignent ses jambes. Grièvement blessé, il tente néanmoins de fuir, escalade une clôture et laisse derrière lui une traînée de sang. Les médecins ont expliqué au tribunal qu’il est mort d’une hémorragie interne massive — une formule particulièrement brutale a été employée : le jeune homme se serait littéralement « noyé dans son propre sang ».

Une intervention policière devenue le point le plus explosif du dossier

Le meurtre lui-même a bouleversé l’opinion ; mais la réaction des premiers policiers arrivés sur place a suscité une indignation peut-être encore plus forte.

D’après les éléments présentés au procès, des proches de Digwa seraient arrivés très rapidement. Immédiatement, un récit alternatif semble prendre forme : Henry est décrit comme ivre, agressif et animé d’intentions racistes. Ces accusations sont formulées avec une rapidité frappante, avant toute reconstitution sérieuse des faits, alors même que Digwa nie encore avoir utilisé un couteau.

Le problème est qu’au même moment, Henry affirme à plusieurs reprises avoir été poignardé.

« J’ai été poignardé. »

« Je n’arrive plus à respirer. »

Selon les témoignages évoqués au procès, un policier lui aurait répondu : « Je ne te crois pas quand tu dis avoir été poignardé. »

Cette phrase est devenue centrale dans les critiques visant l’intervention policière. Elle ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation potentielle ; elle donne l’impression, pour de nombreux observateurs, qu’une conviction s’est installée très tôt dans l’esprit des agents : Henry n’était pas spontanément considéré comme une victime crédible.

Le détail est d’autant plus troublant qu’il existait déjà des indices matériels difficiles à ignorer. Henry saignait abondamment. Il peinait à respirer. Et surtout, selon les éléments présentés au procès, il avait laissé derrière lui une véritable traînée de sang après sa tentative de fuite.

Beaucoup se sont demandé comment un homme répétant qu’il a été poignardé, présentant des signes visibles de détresse extrême et entouré d’indices physiques aussi évidents a pu être perçu avant tout comme un suspect potentiel.

Malgré cela, les policiers l’ont menotté pour suspicion d’agression.

L’image est restée gravée dans les esprits : un garçon de 18 ans gravement blessé, affirmant qu’il vient d’être poignardé, menotté alors que son état se détériore rapidement.

Quelques instants plus tard, Henry s’effondre.

Malgré l’intervention des secours et d’un médecin héliporté, il décède à 0 h 37.

Par la suite, plusieurs éléments sont venus fragiliser les accusations initiales. La vidéo retrouvée sur le téléphone d'Henry Nowak retrouvé dans la poche de Vickrum Digwa ne contiendrait aucune insulte raciale explicite.
(Aucune explication n'a été fournie à notre connaissance expliquant pourquoi le téléphone de Nowak se trouvait dans la poche de Digwa.) Les analyses toxicologiques ont également montré qu’il avait consommé de l’alcool, mais à un niveau inférieur à la limite légale de conduite : une situation bien éloignée du portrait d’un homme fortement ivre avancé dans les premières minutes.

Le comportement particulièrement troublant de la mère

Un autre aspect du dossier a retenu l’attention : l’attitude de Kiran Kaur, la mère de l’accusé.

Des images présentées au tribunal montreraient la femme revenant sur les lieux après les faits pour récupérer l’arme avant de la rapporter au domicile familial voisin.

Ce geste soulève des questions évidentes. Revenir chercher précisément l’objet central d’une affaire de meurtre, puis le déplacer hors de la scène des faits, paraît difficilement conciliable avec une simple réaction de panique.

Les analyses ont retrouvé du sang et des tissus d’Henry sur la lame, tandis que des cheveux de Digwa ainsi que l’ADN de sa mère ont été retrouvés sur le fourreau.

Elle est poursuivie pour avoir aidé un auteur présumé d’infraction après les faits. La mère conteste les accusations.

L’affaire est désormais devenue bien plus qu’un dossier criminel : elle nourrit un débat national sur les réflexes institutionnels, les accusations de racisme, la manière dont se construisent les premiers récits policiers et les conséquences parfois irréversibles d’erreurs commises dans les toutes premières minutes d’une intervention.

Canada — Les enseignants sont-ils être obligés d'arborer le drapeau LGBTQ2SAI+ ?

Matt et Nicole Alexander, deux enseignants de Cobden, en Ontario, ont tous deux été licenciés par leur conseil scolaire public pour avoir discrètement refusé de soutenir le drapeau LGBTQ et l’idéologie qu’il représente.

Pire encore, leur syndicat n’a pas défendu leurs libertés de conscience, de religion et d’expression, pourtant protégées par la Charte canadienne des droits et libertés.

D’un seul coup, la vie des Alexander a basculé. Non seulement ils ont perdu leur emploi, mais ils ont été de fait mis sur liste noire, ce qui les empêche d’obtenir des postes d’enseignants dans d’autres écoles. « Nous avons été ruinés financièrement », a déclaré Matt. « Nous avons vendu notre maison familiale plutôt que de la perdre, et la pension pour laquelle nous avons cotisé pendant plus de 20 ans a été laminée. » Aujourd’hui, tel est le prix à payer pour faire valoir la liberté de conscience et de religion au Canada.

C’est pourquoi les avocats de l'association Justice Centre for Constitutional Freedoms sont intervenus. Ce jeudi 21 mai, ces avocats plaideront devant la Commission des relations de travail de l’Ontario pour que le syndicat de Matt et Nicole défende leur liberté de conscience et de religion garantie par la Charte.

Deux enseignants qui font la différence au sein de leur communauté


Matt et Nicole Alexander étaient des enseignants dévoués originaires de Cobden, en Ontario. Matt enseignait depuis plus de 20 ans ; ces dernières années, il enseignait aux élèves de 7e et 8e années (13-15 ans), avec un parcours irréprochable.

Nicole, enseignante en maternelle depuis trois ans, recevait régulièrement d'excellentes évaluations de performance soulignant son engagement en faveur de l'équité, de l'inclusion et de la lutte contre la discrimination en classe. Ni Matt ni Nicole n'avaient jamais été accusés de maltraitance envers des élèves ou de comportement discriminatoire.

Le 17 avril 2023, le directeur de l’école de Matt lui a annoncé qu’il était suspendu et faisait l’objet d’une enquête à la suite d’une plainte vague liée à son activité sur les réseaux sociaux. Mais Matt n’avait aucun compte sur les réseaux sociaux à l’époque ! Aucun autre détail ne lui a été fourni.

Deux semaines plus tard, Nicole a découvert qu’une affiche de la fierté LGBTQ2SAI+ avait été collée sur la porte de sa classe de maternelle, à son insu et sans son consentement. Constatant qu’aucune autre porte de classe n’affichait une telle affiche et qu’aucune consigne n’avait été donnée en ce sens, elle l’a discrètement retirée et rangée dans un placard avant de commencer sa journée d’enseignement.

Plus tard dans la matinée, elle a été convoquée à une réunion avec son directeur et le directeur des études, qui l’ont interrogée sur le retrait de l’affiche. Ils l’ont immédiatement suspendue dans l’attente d’une enquête.

Matt et Nicole Alexander

Curieusement, leurs suspensions ont eu lieu après que leur fils Josh a commencé à contester publiquement la politique de son école autorisant les hommes biologiques s’identifiant comme des femmes à utiliser les toilettes des filles. Josh, élève d’un conseil scolaire totalement différent, a commencé à participer et à organiser des manifestations pacifiques au sein de la communauté au sens large. La Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario (ETFO) a publiquement dénoncé les opinions de Josh comme étant nuisibles et haineuses et a encouragé des contre-manifestations, auxquelles ont participé des délégués syndicaux locaux.

Le 26 octobre 2023, Matt et Nicole ont tous deux été licenciés par le conseil scolaire du comté de Renfrew pour avoir prétendument manqué de « célébrer et d’affirmer les questions LGBTQ ».

« Cela a jeté le discrédit sur nous », a déclaré Matt, « mettant ainsi fin à nos carrières dans l’enseignement public. Il est devenu nécessaire de se reconvertir professionnellement. »
 
Le syndicat des Alexander a refusé de les représenter

Après leur licenciement, le syndicat des Alexander, la Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario, a d’abord déposé des griefs en leur nom, mais a ensuite refusé de porter l’affaire devant un arbitre. Le syndicat a également refusé de faire valoir que la liberté de conscience et de religion des Alexander avait été violée. De plus, le syndicat n’a pas cherché à obtenir des mesures d’adaptation en vertu de la législation sur les droits de la personne.

En réponse, les Alexander ont déposé des plaintes auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario, arguant que le syndicat n’avait pas assuré une représentation équitable. Ils ont également déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre leur conseil scolaire, alléguant une discrimination fondée sur leurs croyances religieuses – un motif protégé par l’article 15 de la Charte.

À l’issue de l’audience du jeudi 21 mai, la Commission des relations de travail de l’Ontario déterminera si le syndicat des Alexander a manqué à son devoir en refusant de défendre leurs droits garantis par la Charte.
 
La liberté d’expression comprend à la fois le droit de s’exprimer et le droit de garder le silence. Elle inclut le droit de soutenir des idées, ainsi que le droit de refuser de les soutenir. De même, la liberté de religion protège non seulement le droit de pratiquer sa foi, mais aussi le droit de s’abstenir d’affirmer des croyances qui la contredisent.

« Il est difficile de décrire l’ampleur de ce qui est arrivé à notre famille », a déclaré Matt Alexander. « Après avoir consacré plus de deux décennies à mes élèves et à mon école, il semble qu’il n’y ait plus de place pour que les chrétiens puissent vivre leur foi au sein du système éducatif. »

Les districts scolaires publics sont des entités gouvernementales et sont tenus de respecter la Charte. Si le Canada veut être véritablement un pays libre, aucun citoyen ne devrait être contraint de soutenir, d’arborer ou de célébrer un drapeau ou une idéologie quelconque.

L’issue de cette affaire aura des répercussions au-delà de cette famille. Elle soulève la question plus large de la manière dont les institutions canadiennes traitent les personnes dont les convictions ne correspondent pas aux opinions dominantes. Une société libre soutient et protège la liberté des citoyens d’exprimer leur désaccord.

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lundi 18 mai 2026

Comment le progressisme a condamné le Canada (vidéo)

Comment le Canada est-il passé de modèle de réussite à un avertissement pour l'Occident ? Décrytage qui analyse l'échec du progressisme au Canada et l'impact des politiques de Justin Trudeau sur la cohésion nationale. Alors que le pays était une terre de libertés, il semble aujourd'hui prisonnier d'une idéologie radicale. On y décortique les mécanismes de cette transformation, du multiculturalisme d'État à l'influence de Mark Carney et du Great Reset.



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Recension critique du livre Value(s) écrit par le nouveau Premier ministre Mark Carney 

De 1945 à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats amérindiens était comparable à la moyenne canadienne

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans

Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique

 

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post) 

 
 

Selon que vous serez blanc ou noir, les jugements de cour accueilleront ou rejetteront vos demandes

« Emplois d’été Canada » contre les jeunes blancs hétéros

Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)

Canada — Racialisation de la « Justice » (selon que vous serez blanc ou non, le tribunal sera sévère ou indulgent) 

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

« Le racisme anti-blanc existe, il est systémique et institutionnalisé » 

Ontario — Tribunal déclare que l’épreuve de compétence en mathématiques de l’Ontario est inconstitutionnelle (car avait un impact négatif sur l'accès à la profession enseignante pour les candidats racisés)

France — Quand les cours d’éducation sexuelle poussent des familles vers le privé hors contrat


L’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, au coeur de Versailles, accueille des classes de primaire ainsi qu’un collège (secondaire inférieur).

Le directeur du groupe scolaire catholique hors contrat [non subventionné donc] Saint-Dominique du Pecq (Yvelines) se souvient bien de ce jour, il y a quelques mois, où les parents de Léonie* ont toqué à sa porte. « En rentrant de l’école, notre fille de 7 ans nous a parlé de vulve et de pénis. Il est hors de question qu’elle retourne dans cet établissement. » Voilà, en substance, quelle fut la déposition de ces parents en colère. En cause : le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Depuis le 6 février 2025, ce dernier est obligatoire de la maternelle au lycée, aussi bien dans l’enseignement public que dans les établissements privés sous contrat. Dans le hors-contrat, l’obligation commence pour le collège.

Les parents qui se tournent vers le hors-contrat cherchent un projet éducatif différent. Écoles confessionnelles, Freinet, Montessori, Écoles de la forêt… l’éventail du choix est large. Et la demande importante : selon le sondage Ifop publié le 5 mai, 64 % des Français estiment que cette diversification contribuerait à faire reculer l’échec scolaire. L’année dernière, quand 5 000 classes du public fermaient, 400 ont ouvert leurs portes dans le hors-contrat.

Au-delà du projet éducatif, les parents qui choisissent ces établissements mentionnent aussi le rejet de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture, le besoin d’une «alliance» renforcée avec les professeurs, l’intérêt pour les programmes bilingues ou encore les petits effectifs… Mais, désormais, les contours des trois séances annuelles d’éducation affective et sexuelle du sous-contrat constitueraient aussi un argument en leur faveur.

« Les programmes EVAR [éducation à la vie affective et relationnelle, pour le premier degré] et EVARS [éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pour le second degré] sont désormais l’un des premiers facteurs qui poussent les parents à inscrire leurs enfants dans nos structures, au même titre que l’effondrement du niveau », soutient le responsable du développement de la Fondation pour l’école Augustin Yvan, qui promeut et soutient les écoles indépendantes.

Au sein de l’académie de Versailles (Yvelines, Hauts-de-seine, Essonne, Val-d’Oise), c’est en tout cas l’un des facteurs avancés par de nombreux parents qui choisissent cette trajectoire. Selon Augustin Yvan, cette académie concentre la part la plus importante d’écoles indépendantes catholiques : sur environ 200 écoles hors contrat recensées par le rectorat de Versailles, près de 80 seraient de sensibilité catholique. À l’en croire ainsi que d’autres interlocuteurs, l’application du programme EVARS se heurte ici à « une vision chrétienne de la personne humaine» ainsi qu’à des débats autour des missions incombant à l’école.

«Tous les directeurs d’établissement hors contrat constatent une forte pression sur les dossiers, confirme François-Xavier Clément, ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy (sous contrat), désormais à la tête de Saint-Dominique du Pecq. Les effectifs de l’année prochaine sont déjà remplis.» «L’appétit pour le hors-contrat s’amplifie, acquiesce la directrice de l’école primaire de Saint-Charles-de-Foucauld, Cécile Hénin, et nous n’avons pas encore touché le sommet de la courbe », croit-elle savoir. Selon François-Xavier Clément, plusieurs parents ont demandé à être inscrits « de manière préventive »

pour la rentrée 2025 et 2026, craignant que « leurs enfants âgés de 6, 7 ou 9 ans soient pollués par des mots et des réalités qui devraient être étrangères à des enfants de cet âge ».

Élise* ne rejette pas le principe d’une éducation sexuelle. En revanche, elle s’offusque des mots employés, de la façon dont certaines thématiques sont abordées, s’interroge sur les modalités et les limites de ces cours, et considère que les sujets ne conviennent pas toujours à la maturité des enfants. « EVARS ne prend pas en compte la réalité de chaque enfant, qui peut varier d’une famille à l’autre», dit-elle. Autrement dit, le programme oublierait que certains élèves sont plus préservés que d’autres. « Pour un enfant vivant éloigné de ces réalités, en parler revient à faire effraction dans son psychisme », estime François-Xavier Clément. La présidente de l’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, Marine de Rosnay, acquiesce : « Au-delà des cas extrêmes, on observe des enfants avisés très tôt, quand d’autres restent plus longtemps fleur bleue, et cela, alors même qu’ils sont dans la même classe. » Et Élise de poursuivre : « La vraie question est : jusqu’où va-t-on dans le message qu’on veut apporter à nos enfants ? Le programme pourrait se limiter à expliquer que la nudité des enfants ne doit pas interagir avec celle des adultes », suggère cette mère qui a préféré scolariser ses enfants âgés de 4, 6 et 7 ans dans le hors-contrat.

L’apprentissage de l’intimité fait bien partie du programme. Mais l’EVARS a également pour objectif de « promouvoir des relations respectueuses et participer au développement de compétences psychosociales ». Dans une plaquette dédiée, le programme est présenté comme reposant sur trois axes : «se connaître, vivre et grandir avec son corps ; rencontrer les autres et construire avec eux des relations, s’y épanouir ; trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». La Rue de Grenelle assure que «les contenus et les modalités des séances sont progressifs et adaptés à l’âge et à la maturité des élèves » .Et précise : les enfants scolarisés en maternelle et en primaire étudient le corps, les émotions, l’intimité, le consentement, mais aussi apprennent à « promouvoir des relations égalitaires», à comprendre « la fonction et le sens des liens familiaux » et à identifier « les stéréotypes pour lutter contre les discriminations ». Au collège et au lycée, sont abordés les sujets liés aux violences sexuelles, à la santé sexuelle, les relations de manière générale, la question du genre, et enfin la notion de respect et d’intimité à l’heure des réseaux sociaux.

Les parents interrogés par Le Figaro expriment aussi le sentiment d’être dépossédés de leur rôle. À la rentrée 2025, Cécile*, mère de trois enfants, a inscrit son petit dernier en cinquième dans le hors-contrat. Son choix a entre autres été motivé par sa volonté de garder la main sur l’éducation sexuelle de ses enfants : Cécile n’avait pas envie que son fils soit « au courant de tout, tout de suite » et souhaitait « le préserver encore un peu ». «Je veux pouvoir aborder ce sujet librement avec mes enfants, et je veux que le corps et les relations leur soient présentés comme quelque chose de beau. Ce n’est pas à l’école de me dicter comment je dois éduquer mes enfants en ce qui concerne la sexualité », affirme-t-elle. Lorsqu’elle avait estimé cela nécessaire, elle s’était rendue avec ses deux aînées dans une association afin de participer à des ateliers abordant le sujet. Son mari compte faire de même avec leur fils.

« Le rôle de l’école, c’est l’instruction, et non l’éducation sexuelle », approuve Alexandra, qui a (aussi) choisi le hors-contrat pour «l’accent mis sur le beau, l’étude des grands textes et de l’histoire de France ». André*, dont deux des cinq enfants sont scolarisés dans le hors-contrat, est du même avis :

« Il doit y avoir un tandem famille-école. Le problème avec EVARS, c’est que les parents ne sont pas du tout mis dans la boucle. On se sent mis de côté. On ne nous informe pas de la manière dont le cours va se dérouler », explique-t-il, insistant sur le fait qu’il « faut lutter contre les violences sexuelles », mais que l’état devrait « traiter ce sujet avec plus de délicatesse et main dans la main avec les parents ».

« Nous estimons que nous sommes responsables de l’éducation affective et sexuelle de nos enfants, confirme la présidente de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes (FPEEI), Mariedes-neiges Guillotel, les parents sont les premiers éducateurs. Nous n’envoyons pas nos enfants à l’école pour autre chose que l’instruction. » Mikaël Tane, secrétaire général de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Yvelines, première fédération nationale des parents de l’école publique, aussi parfois présente dans certains établissements privés sous contrat, préfère nuancer : «Si les parents sont bien les premiers éducateurs de l’enfant, le rôle de l’éducation nationale va plus loin que l’instruction », rétorque-t-il.

Pour lui, il faut aborder l’EVARS en gardant en tête les différents apports de la CIIVISE : « Les travaux de la CIIVISE ont montré le besoin criant d’aider l’enfant à repérer ce qui est correct et ce qui ne l’est pas. » Dans le rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, on peut lire que l’enfant victime est « habité par la peur, la honte, la culpabilité et est dans l’incompréhension de ce qu’il vit ». D’où l’importance qu’un tiers puisse aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit. « La Ciivise le dit : dans une classe, en moyenne, trois enfants sont concernés par l’inceste. D’où l’importance de l’evars », ajoute Mikaël Tane. Sans compter que toutes les trois minutes, en France, un enfant est victime de violences sexuelles.

Les écoles catholiques hors contrat sont toutefois conscientes de la nécessité de saisir ces problématiques à bras-le-corps. À Saint-Joseph-des-Lys, cela est pris très au sérieux. «L’EVARS permet aux parents, aux chefs d’établissement et aux enfants de prendre conscience qu’il faut être attentifs », souligne Marine de Rosnay. «Les écoles hors contrat catholiques ne sont pas hors sol. Ce sont des sujets importants qu’il faut aborder avec les enfants. Mais on aimerait le faire à notre manière et en équipe avec les parents », abonde Cécile Hénin, de Saint-Charles-de-Foucauld.

Comment conjuguer éducation sexuelle et valeurs chrétiennes ? Aucun des établissements catholiques sous contrat [subventionnés] que nous avons contactés n’a donné suite à nos sollicitations. L’un d’eux a justifié son refus par un climat «anxiogène» qui régnerait depuis les affaires Bétharram et Saint-Stanislas à Nantes : les inspections [gouvernementales] dans les établissements catholiques seraient aujourd’hui de plus en plus fréquentes et les inspecteurs, de plus en plus pointilleux. « Les cas de Saint-Stanislas et de Bétharram ont suscité l’effroi et la sidération chez les chefs d’établissement », assure François-Xavier Clément, l’ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy. « Il y a un climat de peur : la bonne application de l’EVARS fait écho à ces scandales. C’est pourquoi les établissements catholiques privés [subventionnés] se sentent obligés de fléchir leur ligne vis-à-vis d’EVARS », nous souffle une source qui souhaite rester anonyme.

Résultat : le privé [subventionné] marche sur des œufs. Les chefs d’établissement craignent la rupture du contrat. Et les professeurs censés dispenser ces cours sont «frileux ». « Comment aborder ces sujets sans choquer les élèves, sans commettre d’impair ? Ils veulent bien faire, mais c’est très délicat », explique Xavier Le Saint, ex-directeur des études de Saint-Jean-de-Passy, qui s’occupe désormais de former les professeurs des établissements sous contrat et hors contrat à l’application du programme EVARS, au sein d’Alte Academia. L’objectif : enseigner la vie affective, relationnelle et sexuelle « avec délicatesse et pudeur ».

L’offre est à la carte : « Certains chefs d’établissement veulent appliquer la réglementation EVARS à la lettre, tandis que d’autres souhaitent donner un sens philosophique à ce cours, dans une démarche anthropologique », rapporte Xavier Le Saint. Ainsi, lorsque la notion de respect est abordée pour les établissements sous contrat, le cours évoque « la juste distance, le consentement ». Alors que, pour les écoles hors contrat, Xavier Le Saint traduit la notion de respect par « l’apprentissage de la vertu et de charité au quotidien ».

Toujours est-il que, malgré la publication en août par l’enseignement catholique d’un texte de dix pages sur l’« éducation affective, relationnelle et sexuelle » (EARS) pour proposer des « éléments de discernement », les différents acteurs gravitant autour de l’EVARS ont encore du mal à se positionner. « En ce moment, dans le milieu associatif et scolaire, il y a beaucoup de mouvements et de réadaptations autour de l’EVARS», explique la responsable de l’association Parlez-moi d’amour Delphine Chevreau. Son propre collectif, qui formait, avant l’apparition d’EVARS, des animateurs pour intervenir sur la sexualité dans les écoles privées, « cherche encore sa place ». Autant d’incertitudes face auxquelles de nombreux parents préfèrent se réfugier, surtout pour la maternelle et le primaire, dans le hors-contrat : « Le hors-contrat est le nouveau privé », croient-ils savoir. [À savoir le privé sous contrat est trop tenu par le gouvernement]

* Le prénom a été modifié.

Source : Le Figaro

dimanche 17 mai 2026

L'IA est-elle déjà en train de priver les diplômés d'emploi ?

« Les données ne permettent pas de conclure que l'IA coûte actuellement son emploi à qui que ce soit », a déclaré Kevin Hassett, conseiller à la Maison Blanche, le 11 mai. Quelqu'un devrait en informer la promotion 2026 aux États-Unis. « La situation est sombre », déclare un professeur à propos du marché de l'emploi pour les diplômés. L’intelligence artificielle est le bouc émissaire à la mode. Lors d’une récente cérémonie de remise des diplômes en Floride, un orateur a été hué pour en avoir parlé. Et ce n’est pas sans raison : selon l'analyse de l'hebdomadaire londonien The Economist, l’IA pourrait bien nuire aux perspectives d’emploi de certains diplômés.

Un diplôme universitaire ne semble plus offrir une grande protection contre le chômage : les jeunes diplômés sont plus susceptibles d’être au chômage que l’Américain moyen. La cohorte actuelle se montre particulièrement pessimiste. Moins d’un cinquième d’entre eux estime que c’est le bon moment pour trouver un bon emploi — la proportion la plus faible depuis plus de dix ans, et bien inférieure à celle de l’ensemble des Américains, qui dépasse un quart. Le ralentissement du recrutement sur les campus n'arrange pas les choses. Les offres d'emploi publiées sur Handshake, une plateforme de recherche destinée aux étudiants universitaires, sont inférieures de 50 % à leur pic de 2022.

Beaucoup soupçonnent l’IA d’en être la cause. Plus de la moitié des employeurs déclarent avoir envisagé de remplacer les travailleurs débutants par cette technologie. Un récent sondage mené par l’Institute of Politics de la Kennedy School de l’université de Harvard a révélé que, de la même manière, plus de la moitié des jeunes Américains considèrent l’IA comme une menace pour leurs perspectives d’emploi.

Les économistes sont plus divisés. Un article d’Erik Brynjolfsson, de l’université de Stanford, et de ses collègues, publié en 2025, a examiné l’emploi chez les jeunes travailleurs occupant des postes exposés à l’IA, tels que le développement de logiciels. Les auteurs ont constaté qu’il avait baissé de 16 % par rapport aux domaines moins exposés.

Mais un article publié cette année par Zanna Iscenko et Fabien Curto Millet, deux économistes chez Google, remet en question l’idée selon laquelle les jeunes travailleurs en particulier seraient remplacés par l’IA. Ils ont constaté que les offres d’emploi dans les professions exposées à l’IA avaient baissé tout aussi fortement pour les travailleurs chevronnés que pour les débutants, et que cette tendance était antérieure au lancement de ChatGPT fin 2022. Une autre étude, menée par Morgan Frank de l’université de Pittsburgh et ses collègues, a montré que les résultats sur le marché du travail se sont détériorés pour les employés exposés à l’IA, mais que cette tendance avait également commencé avant la sortie de ChatGPT.
 

The Economist a mené sa propre analyse, en utilisant une source de données largement négligée : dix ans d’enquêtes menées auprès de jeunes diplômés par la National Association of Colleges and Employers. Chaque année, les universités américaines demandent à leurs nouveaux diplômés s’ils travaillent, s’ils sont au chômage ou s’ils poursuivent des études supérieures. À partir de leurs réponses, l'hebdomadaire a comparé les résultats sur le marché du travail dans des domaines présentant différents niveaux d’exposition à l’IA avant et après l’arrivée des grands modèles linguistiques.

The Economist a constaté que les diplômés des domaines les plus exposés à l’IA ont connu des résultats nettement moins bons. Entre 2022 et 2024, les diplômés du quintile le moins exposé — ayant étudié des matières telles que l’éducation, la philosophie et le génie civil — ont vu leur taux moyen d’emploi à temps plein baisser de seulement 1,5 point de pourcentage. Ceux du quintile le plus exposé — comprenant l’informatique, le génie informatique et les sciences de l’information — ont subi une baisse de 6,6 points de pourcentage (voir graphique).

Le périodique londonien a mis à jour ces chiffres pour les domaines les plus exposés, à partir des données de 13 universités et il a constaté que la tendance se poursuivait pour la promotion de 2025. Le taux d’emploi à temps plein est passé de près de 70 % à 55 % en trois ans — notamment au cours des trois années qui ont suivi la sortie de ChatGPT en 2022. Auparavant, il était resté stable.

Les étudiants changent déjà d’orientation. Les données du National Student Clearinghouse, un groupe de recherche, montrent que les inscriptions en licence [baccalauréat au Québec] d'informatique ont chuté de 11 % en 2025. Les inscriptions en programmation informatique, qui met l'accent sur les compétences en codage plutôt que sur la théorie, ont chuté de 26 %.

Le travail effectué par les diplômés en informatique évolue également. Ils consacrent moins de temps à l'écriture de code et davantage à la conception et à l'organisation de systèmes logiciels à un niveau plus élevé. Lana Yarosh, directrice des études de premier cycle en informatique à l'université du Minnesota, dit comprendre les inquiétudes des étudiants. « C'est toujours difficile quand les choses changent. Mais l'informatique est un domaine où tout change tout le temps. »

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jeudi 14 mai 2026

La haine de la France comme ciment de la dictature d'Alger

Pourquoi, alors que la guerre d’Indochine a fait plus de morts que la  guerre d’Algérie, n’existe-t-il pas le même ressentiment des populations  vietnamiennes ou cambodgiennes à l’égard de la France ? Parce que la  querelle avec la France n’est pas seulement une séquelle de l’histoire,  mais le produit d’une instrumentalisation par le pouvoir algérien. Après  la guerre civile des années 1990, qui a coûté la vie à près de  200.000 Algériens, le président Bouteflika entreprend une politique de  réconciliation nationale. Pour forger l’unité, rien de mieux qu’un bouc  émissaire : la haine de la France sera le ciment de la dictature.

Mettre fin à la névrose française

Dans un livre abso­lu­ment pas­sion­nant, France-Algé­rie. De 1962 à nos jours (Tal­lan­dier), l’his­to­rien Pierre Ver­me­ren revient sur « une rela­tion asy­mé­trique com­plexe, faite de non-dits et de mani­pu­la­tions, de rela­tions d’amour-haine pleines de chaus­se­-trappes et de silences, ali­men­tée par de mul­tiples conten­tieux ». Et Ver­me­ren d’ajou­ter : « Si on était en pré­sence de deux indi­vi­dus, il fau­drait en déduire que leur psy­chisme est altéré…» Une rela­tion névro­sée entre une France maso­chiste, obsé­dée par l’auto­fla­gel­la­tion, mul­ti­pliant les gestes d’ami­tié, et une Algé­rie mani­pu­la­trice jouant de la culpa­bi­lité des élites françaises comme un chat avec une pelote de laine.

Pierre Ver­me­ren pèse cha­cun de ses mots. Il n’est ni dans l’outrance ni dans la déma­go­gie. Il n’excuse, ne mini­mise ni n’exa­gère aucune des fautes des deux par­ties en pré­sence. Il ne cache rien de la bru­ta­lité sau­vage de la conquête française, de l’injus­tice de la colo­ni­sa­tion et des crimes com­mis pen­dant la guerre d’indé­pen­dance. Il éva­lue avec jus­tesse l’héri­tage gaul­lien de la guerre d’Algé­rie. De Gaulle n’a jamais été un « colo­nial » : il sait la déco­lo­ni­sa­tion iné­luc­table. Le sys­tème coûte plus qu’il ne rap­porte, l’inté­gra­tion est deve­nue impos­sible, la démo­gra­phie rend illu­soire le rêve d’une Algé­rie française. Il veut se débar­ras­ser au plus vite du « bou­let » algé­rien. Ver­me­ren sou­ligne le prix ter­rible de cette sor­tie : de Gaulle érige, à son corps défen­dant, le GPRA, et donc le FLN, en vain­queur poli­tique de la guerre d’Algé­rie. Les har­kis sont aban­don­nés, les pieds-noirs rapa­triés dans le chaos, les clauses de sau­ve­garde des biens français détri­co­tées, tan­dis que l’immi­gra­tion algé­rienne se pour­suit sans contre­par­tie. L’accord de 1968 ins­talle un régime migra­toire très libé­ral, fon­dant cette excep­tion qui fera de la com­mu­nauté algé­rienne la pre­mière com­mu­nauté étran­gère en France dans les années 1970.

La grande dif­fé­rence entre l’Algé­rie et la France, c’est que cette der­nière a reconnu ses méfaits, d’autant plus inac­cep­tables qu’ils étaient com­mis au nom d’une mis­sion civi­li­sa­trice, par une Répu­blique qui van­tait une pro­messe uni­ver­selle qu’elle était inca­pable de réa­li­ser. Des enfu­mades du maré­chal Bugeaud, condam­nées dès 1847 par le rap­port de Toc­que­ville sur l’Algé­rie, jusqu’au rap­port Stora de 2021, en pas­sant par la recon­nais­sance de la pra­tique de la tor­ture, la France a regardé en face une part de ses fautes. L’Algé­rie, en revanche, ne recon­naît aucun des crimes de son his­toire : la pira­te­rie et l’escla­vage des Euro­péens pen­dant des siècles, la traite saha­rienne mil­lé­naire, les crimes du FLN pen­dant la guerre, les mas­sacres de la décen­nie noire… Tout cela fait l’objet du déni le plus total.

Pour­quoi, alors que la guerre d’Indo­chine a fait plus de morts que la guerre d’Algé­rie, n’existe-t-il pas le même res­sen­ti­ment des popu­la­tions viet­na­miennes ou cam­bod­giennes à l’égard de la France ? Parce que la que­relle avec la France n’est pas seule­ment une séquelle de l’his­toire, mais le pro­duit d’une ins­tru­men­ta­li­sa­tion par le pou­voir algé­rien. Après la guerre civile des années 1990, qui a coûté la vie à près de 200.000 Algé­riens, le pré­sident Bou­te­flika entre­prend une poli­tique de récon­ci­lia­tion natio­nale. Pour for­ger l’unité, rien de mieux qu’un bouc émis­saire : la haine de la France sera le ciment de la dic­ta­ture. Bou­te­flika cri­mi­na­lise la colo­ni­sa­tion, la nazi­fie, l’assi­mile à un pro­ces­sus géno­ci­daire, gonfle sans cesse le nombre de ses « mar­tyrs », orga­ni­sant une véri­table mémoire d’état. Avec la com­pli­cité des intel­lec­tuels post­co­lo­niaux et des agents d’Alger, trop heu­reux d’entre­te­nir la mau­vaise conscience occi­den­tale, même si celle-ci sert d’assu­rance-vie à un sys­tème dic­ta­to­rial qui prive son peuple de liber­tés et le condamne au sous-déve­lop­pe­ment. Citons, entre autres, l’iné­nar­rable Rima Has­san : « La Mecque des révo­lu­tion­naires et de la liberté est et res­tera l’Algé­rie», ou le rec­teur de la Grande Mos­quée de Paris, Chems-Eddine Hafiz : « Je ne peux pas sup­por­ter qu’on dise que l’état algé­rien est dic­ta­to­rial, c’est une démo­cra­tie nais­sante. »

On parle beau­coup des ingé­rences étran­gères dans la poli­tique française dans la pers­pec­tive de 2027. Mais ce que montre Ver­me­ren, c’est que l’ingé­rence algé­rienne dans la poli­tique française a été conti­nue depuis l’indé­pen­dance. Alger sou­tient sys­té­ma­ti­que­ment le can­di­dat de gauche depuis Mit­ter­rand. Le pré­sident socia­liste, qui avait beau­coup à se faire par­don­ner d’avoir été garde des Sceaux pen­dant la bataille d’Alger - au moment où la tor­ture fut pra­ti­quée par l’armée française et où une qua­ran­taine de mili­tants du FLN furent condam­nés à mort et exé­cu­tés - mul­ti­plia les gestes en direc­tion d’alger et des res­sor­tis­sants algé­riens : attri­bu­tion de la Grande Mos­quée de Paris à l’Algé­rie, Aban­don du pro­jet de « retour » envi­sagé sous Valéry Gis­card d’Estaing, recon­nais­sance du droit d’asso­cia­tion pour les étran­gers…

C’est plus com­pli­qué avec Chi­rac, notoi­re­ment proche de la famille royale maro­caine. Mais le pré­sident de la Répu­blique cède, après les émeutes de 2005, à la reven­di­ca­tion por­tée par Alger de sup­pri­mer l’article 4 de la loi de 2005 sur les rapa­triés, évo­quant les « aspects posi­tifs de la colo­ni­sa­tion » (amen­de­ment Van­neste). La vic­toire de Nico­las Sar­kozy, dont le conseiller poli­tique d’alors Patrick Buis­son était notoi­re­ment favo­rable aux pieds-noirs, est un échec pour Alger. Celle de François Hol­lande est perçue comme une vic­toire. Il est le pre­mier à faire acte de repen­tance à Alger, même s’il refuse de pré­sen­ter les excuses que récla­mait le pou­voir algé­rien, sur le modèle des excuses publiques du pré­sident alle­mand aux Juifs pour l’holo­causte.

Macron appa­raît, dans cette fresque, comme le pré­sident français le mieux dis­posé à l’égard d’Alger, et pour­tant le plus bru­ta­le­ment déçu. Sa décla­ra­tion de 2017 sur la colo­ni­sa­tion comme « crime contre l’huma­nité », son geste sur le 17 octobre 1961, le rap­port Stora, sa volonté de récon­ci­lia­tion : tout aurait dû satis­faire Alger. Il n’en fut rien. Plus la France cède, plus l’Algé­rie demande. En 2021, Macron finit par dénon­cer une «rente mémo­rielle», com­pre­nant tar­di­ve­ment que la bonne volonté française ne suf­fit pas face à un pou­voir qui a besoin de la que­relle pour se main­te­nir. Le rap­port Stora, pour­tant très favo­rable à une poli­tique des petits pas mémo­riels, est lui-même récusé par Alger. La France croit ache­ter l’apai­se­ment par la contri­tion : le régime algé­rien trans­forme cette contri­tion en preuve de culpa­bi­lité. C’est pour cela que le mot de Macron sur les « mabouls » est pro­fon­dé­ment injuste. Les mabouls ne sont pas de notre côté de la Médi­ter­ra­née. Ce ne sont ni Bruno Retailleau, ni les « iden­ti­taires » , ni « l’extrême droite » qui sont res­pon­sables de la dégra­da­tion de la rela­tion avec l’Algé­rie. Les idiots utiles qui accablent la France res­semblent à ces intel­lec­tuels de gauche qui pen­saient que la guerre froide était de la seule res­pon­sa­bi­lité des États-unis, niant que L’URSS avait besoin de cette confron­ta­tion exis­ten­tielle pour mas­quer la faillite de son sys­tème.

La France doit ces­ser de se vivre comme l’héri­tière éter­nelle du péché colo­nial, et l’Algé­rie doit ces­ser de faire de la France l’alibi de ses échecs. Il serait temps de sor­tir de la névrose pour adop­ter une « rela­tion nor­male ». Comme le résume l’humo­riste algé­rien Fel­lag, cité par Ver­me­ren à la fin de son livre : « Vous avez raté votre colo­ni­sa­tion. Nous avons raté notre indé­pen­dance. Nous sommes quittes. »

Source : Le Figaro
 


FRANCE-ALGÉRIE : 
HISTOIRE D'UNE RELATION PATHOLOGIQUE. DE 1962 À NOS JOURS
par Pierre VERMEREN 
paru le 29 avril 2026
chez Tallandier
 ‎ 304 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1021066441 

mercredi 13 mai 2026

Avec 2,9 enfants par femme, Israël avait la natalité la plus élevée de l’OCDE en 2024

Israël est le seul État du forum à se reproduire au-delà du taux de remplacement ; le rapport cite le taux de fécondité élevé chez les Haredim, mais celui de la population laïque dépasse celui des autre pays de l'OCDE.

Le taux de natalité d’Israël reste le plus élevé parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, selon un rapport de l’OCDE publié jeudi, alors que les taux de natalité diminuent dans l’ensemble du monde développé.

Les cinq États membres ayant les taux de natalité les plus élevés ont connu la plus forte baisse, indique le rapport, qui note toutefois « qu’Israël s’écarte de cette tendance car les femmes du groupe de population [ultra-orthodoxe] ont souvent un grand nombre d’enfants ».

L’indice synthétique de fécondité d’Israël est de 2,9 enfants par femme, suivi du Mexique (1,91) et de la France avec 1,62 enfant par femme, soit près du double de la moyenne de l’OCDE (1,5), selon le rapport.

Cette fécondité étonne dans un pays développé où le coût de la vie, et particulièrement le logement, est très élevé. Tel Aviv et Jérusalem figurent parmi les villes les plus chères au monde rapportées aux revenus. Pourtant, la natalité reste robuste, tirée par une combinaison de politiques publiques, d’aides financières, d’une culture pro-familiale et de facteurs religieux/culturels.

Les principales politiques natalistes israéliennes

Israël n’a pas de « politique nataliste » explicite et coercitive, mais un ensemble de mesures très généreuses qui réduisent le coût économique des enfants :

  • Allocations familiales (Bituach Leumi) : Universelles et automatiques pour tous les enfants de moins de 18 ans. En 2026, elles s’élèvent environ à :
Enfant
Montant en NIS/mois
  En CAD (approx.)
  En EUR (approx.)
1er enfant
173 NIS
 81,50 $
50,70 €
2e, 3e et 4e enfant
219 NIS
103,10 $
64,20 €
5e enfant et suivants
173 NIS
 81,50 $
50,70 €


Des suppléments existent pour les familles à bas revenus. Ces allocations ont un effet démontré sur la fécondité, surtout dans les groupes à forte natalité.

  •  Avantages fiscaux : Crédits d’impôt significatifs, particulièrement pour les jeunes enfants (jusqu’à environ 940 NIS/mois par enfant de moins de 3 ans si les deux parents travaillent, soit ≈ 443 CAD / 276 €).
  • Congé maternité : 15 semaines payées, plus des protections pour les parents.
  • Garderies et éducation : Gratuite à partir de 3 ans (et parfois avant avec subventions selon revenus). Les haredim bénéficient d’un réseau dense de yechivot et de garderies subventionnées.
  • Technologies de reproduction : Israël finance généreusement les FIV, avec un des taux d’utilisation les plus élevés au monde. La parentalité biologique est vue comme un droit quasi-civil.
  • Autres aides : Prêts logement bonifiés pour familles (surtout pour ceux ayant servi dans l’armée), aides à l’immigration (Olim), et un fort soutien communautaire (surtout chez les religieux).
Le paradoxe du logement cher

Le logement constitue le principal frein : les prix ont explosé (+130 % entre 2000 et 2022, contre +45 % pour les revenus), en raison de la forte croissance démographique, de la bureaucratie (délais de permis longs), d’une offre insuffisante et d’une demande pour des logements plus grands (familles nombreuses). Beaucoup de jeunes familles peinent à acheter ou louer un appartement adapté.Malgré cela, plusieurs facteurs atténuent le choc : 

  •  Soutien intergénérationnel : Les grands-parents aident souvent financièrement et pour la garde. 
  • Culture pro-familiale : Même chez les laïcs (hiloni), avoir des enfants reste une valeur centrale, liée à l’identité juive et à la résilience nationale.
  • Concentration des naissances chez les haredim : Ils ont un ISF de ~6-7 et bénéficient de fortes subventions. Ils représentent une part croissante de la croissance démographique.
  • Adaptation : Familles nombreuses s’installent souvent en périphérie (où le logement est moins cher) ou dans des communautés solidaires.
Fécondité par groupe religieux / sous-groupes (données ~2022-2024) :
  • Juifs globaux : ~3,03 à 3,09 enfants par femme en 2024 (hausse récente par rapport à 2022-2023). C’est désormais supérieur aux musulmans. 
  • Juifs haredim (ultra-orthodoxes) : ~6,5 (2021-2023), parfois cité autour de 6-7. En baisse lente sur longue période (de ~7,5 dans les années 2000), mais toujours très élevé. Ils représentent ~13-14 % de la population en 2025. 
  • Juifs religieux/national-religieux (Dati) : ~4,0-4,2.
  • Juifs traditionnels (Masorti) : ~2,6-3,0.
  • Juifs laïcs/séculiers (Hiloni) : ~2,0-2,3 (souvent juste au-dessus ou autour du seuil de remplacement 2,1 ; ~1,96-2,0 dans certaines périodes récentes pour les plus laïcs). 
  • Musulmans : ~2,7-2,75 en 2024 (forte baisse sur 20 ans, de ~4,5+ auparavant). Certaines estimations pour 2024 descendent à ~2,5. 
  • Chrétiens (majoritairement arabes) : ~1,6-1,7 (très bas, souvent le plus faible).
  • Druze : ~1,6-1,85.
  • Athées/non-religieux : Pas de catégorie séparée officielle, mais inclus dans les laïcs juifs (~2,0+) ou "autres". Les laïcs juifs maintiennent un ISF relativement élevé par rapport aux standards occidentaux grâce à la culture pro-familiale israélienne. 
L'alignement vers le haut de la fécondité des juifs issus de l'URSS

Les données précises par langue ou origine récente sont limitées, mais les immigrés de l’ex-URSS (souvent russophones, arrivés surtout dans les années 1990) avaient initialement un ISF très bas (proche de 1-1,5 à leur arrivée). Il a convergé vers celui des Juifs natifs laïcs/séculiers israéliens, avec une augmentation notable de la fécondité achevée (surtout chez ceux arrivés jeunes). Chez les plus séculiers, elle se rapproche beaucoup des laïcs natifs (~2,0+). Les non-juifs parmi ces immigrés ont souvent une fécondité plus faible. 

Pas de chiffres officiels ultra-récents isolés pour 2024-2025, mais ils s’intègrent dans la moyenne des Juifs non-haredim (~2,4-2,5 pour les non-haredim globaux).
Bilan et défisLes politiques natalistes israéliennes fonctionnent : elles ont contribué à faire d’Israël l’exception démographique du monde développé. Elles coûtent cher à l’État (surtout avec la croissance haredim), mais elles produisent un « dividende démographique » (population jeune, armée forte, innovation). Cependant, la crise du logement reste un défi majeur. Sans accélération massive de la construction (surtout de logements abordables et adaptés aux familles), la pression sur les jeunes couples pourrait s’accentuer. 

Québec : légère augmentation de la fécondité (1,36 enfant/femme) grâce aux enfants nés d'étrangers

On estime que 78 200 bébés sont nés au Québec en 2025, comparativement à 77 400 en 2024 (+ 800). Cette hausse est de faible ampleur (+ 1 %), et le contexte plus général reste celui d’une baisse du nombre de naissances depuis 2013.

La fécondité demeure extrêmement faible

L’indice synthétique de fécondité est estimé à 1,36 enfant par femme en 2025. Il s’agit d’une légère augmentation par rapport au creux historique de 1,35 enfant par femme survenu en 2024. Néanmoins, l’indice demeure parmi les plus faibles observés au Québec. Le précédent niveau le plus faible avait été enregistré en 1987 et l’indice s’établissait alors aussi à 1,36 enfant par femme. Au cours des dernières années, un maximum de 1,73 enfant par femme a été atteint en 2008 et en 2009. Depuis, la tendance est à la baisse. 

La fécondité du Québec est inférieure à celle de certains pays industrialisés, comme les États-Unis (1,56 enfant/femme), la France (1,53) et plus particulièrement Israël (2,89), mais elle est supérieure à celle d’autres, comme l’Italie (1,14) et la Corée du Sud (0,80 enfant/femme). À l’instar de ce qui s’observe au Québec, une hausse de la fécondité a aussi été observée dans trois des neuf pays où l’on dispose déjà de données pour l’année 2025. Dans les six autres, la baisse a continué. À l’échelle canadienne, la fécondité du Québec est supérieure à celle de la majorité des autres provinces, selon les données de 2024 (les plus récentes disponibles).

Le nombre de nouveau-nés ayant au moins un parent né à l’extérieur du Canada a augmenté en 2025, tandis que le nombre de naissances issues de deux parents nés au Canada a diminué, comme c’est généralement le cas depuis quelques années. Dans l’ensemble, 4 bébés sur 10 (42 %) nés au Québec en 2025 ont au moins un parent né dans un autre pays. Cette proportion tend à augmenter au fil du temps; elle était de 21 % en 2000. En 2025, les principaux pays d’origine des parents nés à l’étranger sont l’Algérie, la France, Haïti et le Maroc.


La contribution des mères nées à l’étranger à la natalité est encore plus importante à l’échelle canadienne selon une étude récente de Statistique Canada (Provencher 2025).

Au Canada, en 2024 (plus récentes données disponibles), 42 % des nouveau-nés ont une mère née à l’étranger.  Cette proportion varie toutefois grandement selon la région. Les provinces de l’Ontario et de la Colombie-Britannique affichent les parts les plus élevées de naissances de mères nées à l’extérieur du Canada, soit un bébé sur deux (49 %), suivies de près par l’Alberta (46 %).

À l’opposé, elle est la plus faible dans les provinces. La proportion de naissances de mères nées à l’étranger est associée à la représentation des femmes immigrantes au sein de la population d’âge fécond. Selon les données du Recensement de 2021, la vaste majorité des immigrants vivaient dans un centre urbain et la RMR de Toronto est celle qui comptait la plus forte part d’immigrants au sein de sa population (47 %), suivie de Vancouver (42 %) et de Calgary (32 %) (Statistique Canada 2022a).

À l'opposé elle est plus faible dans les provinces de l’Atlantique et en Saskatchewan (environ 25 %). Le Québec (avec 34,1 %) se situe en position intermédiaire parmi l’ensemble des provinces, aux côtés du Manitoba (de l’ordre de 35 %). 

Une comparaison avec neuf pays sélectionnés par Statistique Canada a permis de constater que le Canada affiche la plus forte proportion de naissances de mères d’origine étrangère, selon les données de 2023. Le Canada (39 %) devance ainsi, en ordre, l’Australie, l’Angleterre et le Pays de Galles, l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis et la Suisse (de 30 à 37 %), de même que
la France, le Danemark et les Pays-Bas (de 21 % à 25 %).

La forte immigration des dernières années a eu un effet modeste sur le vieillissement de la population

La structure par âge de la population évolue selon une trajectoire prévisible qui dévie difficilement, puisqu’elle est déterminée par les effectifs des générations qui se sont succédé au fil du temps. Comme attendu, la part des personnes âgées de 65 ans et plus a ainsi augmenté de façon accélérée à partir de 2011 environ, soit lorsque les nombreux baby-boomers ont commencé à atteindre cette tranche d’âge et, par le fait même, à quitter le groupe des 20-64 ans, dont la part a décliné.

Le vieillissement de la population n’a ralenti que ponctuellement et modestement dans le contexte de forte immigration qu’a connu le Québec entre 2022 et 2024. Durant cette période, l’arrivée de nombreux migrants internationaux a entraîné une croissance notable des effectifs chez les 20-64 ans, qui rompait avec la relative stabilité de la décennie précédente, et a ainsi freiné la baisse du poids démographique de ce groupe d’âge au sein de la population. La part des personnes âgées n’a pas cessé d’augmenter pour autant, mais la hausse a été atténuée.

Légère baisse du nombre d'immigrants dits « non permanents » (RNP)

Encore relativement négligeable il y a une dizaine d’années, leur nombre a commencé à augmenter de manière notable à partir de 2016, et cette tendance s’est amplifiée après la pandémie. Alors qu’on en comptait moins de 100 000 jusqu’au début des années 2010, on estime que ce nombre était de 565 450 au début de 2025. La baisse de la dernière année porte leur effectif à 514 050 personnes au 1er janvier 2026. À cette date, les RNP représentent 5,7 % de la population québécoise, comparativement à 6,3 % un an auparavant.


« Jamais autant d'immigration en France »

L’immigration est-elle une fatalité ? C'est le sujet abordé par Le Club Le Figaro Idées présenté par Eugénie Bastié. Elle reçoit Didier Leschi et Nicolas Pouvreau-Monti.

mardi 12 mai 2026

« L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France »

Lors d’un discours prononcé en Égypte le 9 mai 2026, à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau campus de l'université francophone d'Alexandrie, le président Emmanuel Macron a souligné les liens linguistiques et culturels entre la France et les pays méditerranéens. Devant son auditoire, il a déclaré : « L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France. C’est une réalité qu’il faut souvent rappeler. » Cette affirmation, prononcée dans le cadre d’un plaidoyer pour le multilinguisme et le renforcement de la francophonie, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreux débats sur l’évolution de la société française et la place des langues issues de l’immigration.


Le chef de l’État français a salué un projet universitaire francophone présenté comme un modèle de coopération entre l’Égypte et la France, soutenu par un financement égyptien d’environ 60 millions d’euros. Il a mis en avant la hausse du nombre d’étudiants, l’objectif de dépasser 500 inscrits, ainsi que le développement de formations en ligne et de réseaux internationaux d’anciens étudiants. Son nouveau campus, situé à Borg El Arab (nom prédestiné pour cette annonce) près d’Alexandrie, s’étend sur 33 500 m² et dispose d’infrastructures modernes dédiées à l’enseignement et à la recherche.

Statistiques linguistiques en France.

Le français est la langue officielle de la République (article 2 de la Constitution) et la langue largement dominante. La France est de facto multilingue en raison des langues régionales, des langues d’outre-mer et surtout des langues issues de l’immigration. 

Environ 54 % de la population ne maîtrise que le français.

Enquête INSEE/INED 1999 (la plus complète sur la transmission) : 26 % des adultes (environ 11,5 millions) ont reçu une langue autre que le français de leurs parents (moitié langues régionales, moitié langues d’immigration). La transmission intergénérationnelle de ces langues reste faible (environ 35 %). 

L’arabe dialectal (maghrébin : algérien, marocain, tunisien principalement) est généralement considéré comme la deuxième langue la plus parlée en France, avec des estimations entre 3 et 4 millions de locuteurs (y compris niveaux variables, souvent en contexte familial). Il devance les créoles, le berbère (amazigh), l’alsacien, l’occitan et le breton. 

Cela reflète l’importance de l’immigration maghrébine et subsaharienne.

L’arabe est surtout parlé en famille ou dans certains quartiers, mais la maîtrise du français reste élevée chez les immigrés (90 % bonne compréhension orale chez les 18-59 ans). 

Langues régionales (estimations autour de 1999, en baisse) : Occitan (500 000+), alsacien (500 000+), breton (~300 000), langues d’oïl, corse, basque, etc. Au total, elles sont moins parlées que l’arabe dialectal.