Est-ce que le mouvement LGBTQ+ ne serait pas, doucement, et irrévocablement en train de mourir ? Et... Est-ce qu’il ne l’aurait pas un peu cherché ?
Pour une école libre au Québec
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mardi 28 juillet 2026
Le déclin du mouvement LGBTQ+ (vidéo)
Est-ce que le mouvement LGBTQ+ ne serait pas, doucement, et irrévocablement en train de mourir ? Et... Est-ce qu’il ne l’aurait pas un peu cherché ?
Allemagne — Un scandale lié à l'hypocrisie du chef de file des soi-disants démocrates-chrétiens conservateurs
Confronté aux accusations de double discours, M. Spahn n’a pas renié sa position de principe. Il a expliqué avoir été « longtemps tiraillé » sur cette question, affirmant que son désir de fonder une famille l’avait conduit à prendre une décision personnelle exceptionnelle. Il a même assuré qu’il continuerait à voter contre la légalisation de la GPA en Allemagne, soutenant qu’il ne souhaitait pas remettre en cause l’interdiction générale malgré son propre recours à une mère porteuse à l’étranger. Cette défense n’a convaincu ni ses adversaires ni une grande partie de son propre camp, qui y ont vu un classique « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
![]() |
| Spahn est l’homme barbu en chemise bleue qui tient le bébé Georg. |
M. Merz a, dans un premier temps, sous-estimé le tollé suscité par cette affaire. Lors de son entretien estival sur la chaîne publique ZDF, le chancelier a laissé entendre que la violence des réactions tenait surtout au caractère controversé de M. Spahn et à la succession de scandales qui avaient déjà entamé sa crédibilité. Mais face à la fronde grandissante au sein de la CDU, il a finalement jugé sa démission « inévitable », rappelant que « la crédibilité est le bien le plus précieux en politique ».
M. Spahn est l’un des hommes politiques les moins populaires d’Allemagne. En 2020, il a obtenu un prêt pour l’achat d’une villa auprès d’une banque dont il avait siégé au conseil de surveillance. Pendant la pandémie, il a attribué un marché portant sur des masques de protection vendus à des prix excessifs à une entreprise employant son mari (le ministère de la Santé nie tout traitement de faveur). Beaucoup désapprouvent ses liens avec le mouvement MAGA : il est en bons termes avec Richard Grenell, un ancien ambassadeur américain, et Peter Thiel, un magnat de la tech d’extrême droite. M. Merz souhaite tourner rapidement la page de l’affaire Spahn. Il n’est pas certain qu’un remaniement ministériel permette de relancer la popularité en baisse de M. Merz.
Un peu plus tôt (en avril 2026), le député CDU (toujours ces conservateurs démocrates chrétiens) et commissaire fédéral aux drogues Hendrik Streeck (virologue connu pendant le Covid) et son « mari » Paul Zubeil ont également annoncé la naissance d’un fils via GPA aux États-Unis (Idaho). L'affaire avait fait moins de vagues à l'époque, probablement parce que Streeck n’avait pas milité publiquement contre la gestation pour autrui.
Voir aussi
Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide
Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels
lundi 27 juillet 2026
Le diffuseur gouvernemental (1,4 milliard de subventions/an) se penche sur les vacances des minorités confrontés au racisme (blanc, patriarcial, cisgenré, etc.)
Bien : curiosité de la part des Thaïlandais qui veulent toucher sa peau noire
Mal : plusieurs hommes (européens) lui demandent de se prendre en photo avec elle
1,4 milliard de dollars
Le budget fédéral de CBC/Radio-Canada pour 2026-2027 s'élève à 1,38 milliard de dollars, ce qui représente une baisse de 192 millions de dollars par rapport aux 1,58 milliard de l'année précédente.
Source : Radio-Canada.
Choix de carrière — Faut-il suivre sa passion… ou chercher à faire le plus de bien possible ?
Le titre fait référence au nombre approximatif d'heures qu'une personne travaille au cours de sa vie : 80 000 heures, soit l'équivalent d'une quarantaine d'années à temps plein. L'idée centrale du livre est qu'un choix de carrière est l'une des décisions les plus importantes de l'existence, puisqu'il détermine une part considérable du temps dont nous disposons pour agir sur le monde.
Première thèse : il ne faudrait peut-être pas « suivre sa passion ». Depuis le succès de librairie What Color Is Your Parachute? (1970), ouvrage devenu une référence incontournable de l'orientation professionnelle dans le monde anglophone mais jamais véritablement traduit ni diffusé dans l'espace francophone, les guides de carrière recommandent d'identifier ce que l'on aime avant de rechercher un métier correspondant. Benjamin Todd estime que cette approche est souvent vouée à l'échec. Beaucoup de personnes ignorent ce qui les passionne réellement et, même lorsqu'elles ont un intérêt marqué, celui-ci ne débouche pas nécessairement sur un emploi.
Ainsi, une enquête menée en 2003 révélait que près de 90 % des étudiants canadiens citaient la musique, les arts ou le sport parmi leurs principaux centres d'intérêt, alors que ces secteurs ne représentaient qu'environ 3 % des emplois au Canada. Plus cocasse encore, un questionnaire d'orientation professionnelle mis en ligne par le ministère britannique de l'Éducation en 2020, fondé sur les traits de personnalité, recommandait fréquemment aux candidats de devenir… éclusiers, profession aujourd'hui extrêmement rare. Le conseil paraissait d'autant plus incongru qu'il arrivait avec environ deux siècles de retard sur l'âge d'or des canaux britanniques.
Selon Todd, le slogan « Suivez votre passion » inverse le véritable ordre des choses. Plutôt que de commencer par une introspection sans fin, il propose une autre démarche : « Devenez excellent dans une activité utile aux autres, et la passion viendra ensuite. » Aider autrui augmente la satisfaction que l'on retire de son existence. La maîtrise d'une compétence procure également une gratification intrinsèque. Enfin, exceller dans son métier offre davantage de liberté pour exercer un travail plaisant que poursuivre coûte que coûte une passion dans laquelle on demeure médiocre — comme ces musiciens qui rêvaient des grandes salles mais finissent par donner des animations musicales dans les écoles.
Pour déterminer où l'on peut faire le plus de bien, Todd s'appuie sur les principes de l'altruisme efficace, un courant philosophique d'inspiration utilitariste dont l'organisation 80,000 Hours fut l'un des principaux promoteurs. L'idée consiste à utiliser les données disponibles et le raisonnement quantitatif afin de maximiser l'impact positif de ses ressources — qu'il s'agisse de son argent, de son temps ou de sa carrière.
Faire des dons constitue une première possibilité. Todd estime par exemple qu'un diplômé américain percevant un salaire annuel de 77 000 dollars qui consacrerait 10 % de ses revenus à une organisation luttant contre le paludisme sauverait, au cours de sa vie, environ vingt fois plus de vies qu'en exerçant lui-même la médecine à plein temps. Une autre voie consiste à travailler directement dans un domaine susceptible d'avoir un impact particulièrement important, comme la régulation de l'intelligence artificielle ou la prévention des conflits entre grandes puissances.
S'agissant de la rémunération, Todd soutient qu'au-delà d'un certain seuil l'argent supplémentaire n'apporte qu'un gain limité de bonheur. Il cite des travaux selon lesquels le niveau de satisfaction déclaré tend à plafonner lorsque le revenu annuel du foyer atteint environ 75 000 dollars.
Le livre avance également plusieurs idées originales sur les effets de l'intelligence artificielle sur l'emploi. L'automatisation finit certes par supprimer certains métiers, mais elle commence souvent par accroître la demande pour de nouvelles compétences. Ainsi, l'invention des distributeurs automatiques n'a pas immédiatement réduit le nombre d'employés de banque : les guichets étant devenus moins coûteux à exploiter, les établissements ont ouvert davantage d'agences et embauché plus de personnel. Ce n'est qu'avec la généralisation des services bancaires en ligne que ces emplois ont réellement décliné. Selon Todd, il ne faut donc pas chercher un métier qui serait définitivement à l'abri de l'automatisation, mais apprendre à accompagner chaque vague technologique en développant les compétences qui deviennent les plus précieuses. Cela pourrait passer, aujourd'hui, par les métiers liés à l'entraînement des modèles d'IA, à la cybersécurité ou encore aux services dont la demande augmentera à mesure que l'IA fera baisser les coûts, notamment dans le secteur de la santé.
Cette recherche permanente du bien maximal soulève toutefois une difficulté. Si chaque décision doit être évaluée uniquement à l'aune de son impact global, il semble toujours exister un choix encore meilleur. Un médecin urgentiste pourrait sauver davantage de vies en travaillant sur la prévention des pandémies ; mais celle-ci serait peut-être moins importante que le désarmement nucléaire ; lequel céderait à son tour la place à une autre priorité encore plus décisive. Cette logique peut devenir vertigineuse, voire psychologiquement éprouvante. L'un des pères de l'utilitarisme, John Stuart Mill, traversa ainsi une profonde dépression. Plus récemment, Sam Bankman-Fried, entrepreneur dans les cryptomonnaies et figure emblématique de l'altruisme efficace, prit des risques considérables au nom de cette philosophie avant de provoquer l'effondrement de son entreprise et de faire perdre des milliards de dollars aux clients de sa plateforme.
Les personnes qui hésitent sur leur orientation peuvent toutefois se rassurer : beaucoup trouvent leur véritable vocation tardivement. Tony Blair fut un temps promoteur de groupes de rock avant de devenir Premier ministre britannique. Maya Angelou fut receveuse de tramway avant de devenir l'une des plus grandes écrivaines américaines. Quant au colonel Sanders, il fonda Kentucky Fried Chicken à l'âge de soixante-deux ans. Trouver sa voie demande souvent du temps. Ceux qui s'interrogent sur la meilleure manière d'employer leurs 80 000 heures pourraient commencer par en consacrer quelques-unes au livre de Benjamin Todd.
Le 28 juillet 1755 — Le Grand Dérangement
Les historiens ont l’habitude de retenir 1755 comme la date charnière de l’histoire des Acadiens. Mais replacé dans le contexte global des provinces maritimes, le phénomène de la « Déportation » apparaît plutôt comme la suite d’une série d’événements remontant au moins à 1749, c’est-à-dire à la fondation de Halifax (Nouvelle-Écosse) par les Britanniques. Fondation qui enflamme les Micmacs. Ces derniers sentent que les Anglais se sont approprié leur territoire sans leur consentement, contrairement au traité de 1725/1726, et les officiers anglais refusent au départ la coutume qui veut que l’on échange des présents pour l’utilisation des terres. Cornwallis veut mettre le peuple micmac sous son autorité, mais essuie un refus. Par représailles, il offre des récompenses pour les scalps des micmacs. Les Micmacs répondent en déclarant la guerre aux Anglais en 1749.
Depuis 1749, « britanniser » l’Acadie
Afrique du Sud : les réfugiés francophones pris au piège de la vague xénophobe
À Durban, des centaines de Congolais, de Burundais et d'autres réfugiés campent depuis plusieurs semaines sur les trottoirs devant le Centre des réfugiés. Beaucoup avaient pourtant reconstruit une vie stable avant d'être chassés de leur logement ou de leur commerce par des groupes hostiles aux immigrés. Les autorités provinciales refusent de leur fournir un hébergement et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reconnaît ne pas disposer de solution immédiate.
Les témoignages recueillis illustrent l'impasse dans laquelle se trouvent ces exilés. Raymond, réfugié congolais originaire du Masisi, a fui les atrocités commises dans l'est de la RDC après avoir vu sa sœur assassinée. De retour en Afrique du Sud, où il croyait avoir trouvé un refuge, il vit désormais dans la rue et ne peut envisager de rentrer dans une région toujours en guerre. Christian Tshizungu, également originaire du Kivu, a perdu son salon de coiffure lorsque son propre employé l'a contraint à fuir. Après avoir tenté de regagner son quartier, il a été violemment agressé et hospitalisé.
Une Congolaise en Afrique du Sud a été priée de céder son salon à un Sud-Africain. Elle a détruit son salon à la place. Selon certains, elle aurait été illégalement en Afrique du Sud.Vidéo d'Al Jazeera.A Congolese woman in South Africa was told to hand her salon over to a South African. She destroyed her salon instead. pic.twitter.com/yY2ryiIuhC
— AJ+ (@ajplus) July 23, 2026
Les organisations humanitaires dénoncent l'inaction des pouvoirs publics. Selon Yasmine Rajah, qui accompagne les réfugiés depuis plus de vingt ans, la situation est sans précédent : lors des précédentes flambées de violences xénophobes, les autorités avaient ouvert des centres d'accueil temporaires ; cette fois, elles refusent toute mesure de protection. Les défenseurs des droits de l'homme rappellent que l'Afrique du Sud est pourtant liée par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, tandis que les mouvements anti-immigration promettent de poursuivre leur campagne.
À Berlin, défilé LGBTQ ciblé par un attentat islamiste
Selon l’agence de presse DPA, Abdul Ballout avait été libéré d’un centre de détention pour mineurs en mai dernier. Le journal Bild précise qu’il est connu des services de police, notamment pour coups et blessures graves et extorsion avec violence. Toujours selon Bild, Abdul B. serait un partisan de l’état islamique. Il aurait tenté de rejoindre le groupe djihadiste en 2025, avant d’être arrêté au Liban puis renvoyé en Allemagne, où il fut condamné en 2026 dans un autre dossier. Les dirigeants français et italiens, ainsi que la présidente de la Commission européenne, ont exprimé dimanche leur solidarité aux victimes.
Une gauchiste au cheveux roses accuse les « hommes blancs » en lieu et place du terroriste islamiste qui a renversé des gens lors de la pride LGBTQ à Berlin.
— Un Français Lambda perdu au Wokistan 🇫🇷(Parodie) (@Francais2lambda) July 26, 2026
« Vous n’allez pas faire porter le chapeau à la communauté musulmane comme s’ils étaient les violents, alors que c’est en… pic.twitter.com/jo9OtzKRdv
Samedi soir, il était aux alentours de 22 heures quand la camionnette blanche a percuté un groupe de participants à cette 48e Marche des fiertés. Les pompiers ont d'abord dénombré 11 blessés graves, dont trois se trouvaient dimanche entre la vie et la mort. Trente témoins des événements, sous le choc, ont été pris en charge sur place. Les témoins interviewés par la presse allemande racontent la violence de l’attaque et les cris d’horreur, à quelques mètres d’eux.
La fourgonnette-bélier a fini sa course contre un arbre du Tiergarten, le grand parc du centre de Berlin situé à proximité de la porte de Brandebourg, où se déroulait la fête réunissant des centaines de milliers de personnes. L’homme s’est extrait de l’habitacle encombré par les coussins gonflables et aurait menacé les gens avec un couteau avant de prendre la fuite. Son domicile, dans le quartier de Schöneberg, a été perquisitionné, sans résultat. La chasse à l’homme mobilise plusieurs centaines d’agents. Des hélicoptères équipés de projecteurs ont survolé dans la nuit de samedi à dimanche la capitale allemande.
Dimanche soir, la police a annoncé avoir tué le suspect Abdul Ballout. Plus tôt dimanche matin, le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, avait revu à la hausse le bilan des blessés à 29, affirmant que tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste.
🔴🇩🇪 𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Lors d’un hommage aux victimes de l’attentat terroriste islamiste de Berlin, une militante LGBTQ+ a déclaré qu’elle espérait que l’auteur soit « une personne blanche chrétienne ». pic.twitter.com/YDjOUtGGhB
— Bastion (@BastionMediaFR) July 26, 2026
Enfin le maire conservateur (CDU) de Berlin, Kai Wegner, a dénoncé sur le réseau social X «une attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde ». « Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit. Berlin est la ville de la liberté - et notre liberté a été attaquée aujourd’hui de la façon la plus terrible. » La ville, dont beaucoup de bâtiments sont parés du drapeau arc-en-ciel, défend avec vigueur les droits trans et homosexuels.
Des homosexuels et transgenres du monde entier viennent se réfugier dans ce qui était jusqu’à présent un sanctuaire, mais leurs droits et libertés sont régulièrement, ces derniers temps, attaqués. Des lieux de la communauté LGBT sont régulièrement pris pour cible. C’est le cas de Das Hoven, un café-restaurant installé en plein coeur du quartier d’immigration de Neukölln. Son patron Danjel Zarte avait détaillé, lorsque nous l’avions rencontré à l’été 2025, les attaques subies : « Un extincteur balancé dans les vitres, des coups donnés aux serveuses, des menaces de mort par mail, les pneus crevés de ma voiture…» En six mois, il avait déposé 45 plaintes au commissariat.
« Au début, les policiers ne nous prenaient pas trop au sérieux. Maintenant, leurs voitures passent par ici lors de leurs rondes. » Faute de preuves ou de flagrance, la plupart des plaintes sont classées. Les suspects habituels, de l’extrême droite à la mouvance islamiste, sont à l’oeuvre, selon les associations militantes, dans un retour de balancier de l’histoire.
La campagne allemande est aussi concernée. Parfois organisées dans des villages reculés, des manifestations en faveur des droits des minorités sexuelles sont régulièrement prises pour cible. « 55 parades pour le Christopher Street Day (en mémoire du premier soulèvement à New York contre les agressions policières subies par les homosexuels, NDLR) ont été attaquées en 2024 dans toute l’Allemagne », recensait Lorenz Blumenthaler, de la Fondation Amadeu Antonio qui lutte contre les discriminations. « Cela allait des crachats à la casserole d’eau bouillante jetée sur la manifestation. »
Voir aussi
Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités
Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.
« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »
« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »
Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.
« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.
Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »
Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.
Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».
Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.
Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »
dimanche 26 juillet 2026
États-Unis : les diplômés les plus progressistes sont aussi les plus mal payés
À partir des données agrégées de la Cooperative Election Study (CES), une vaste enquête électorale couvrant les scrutins de 2016 à 2024 et regroupant plus de 400 000 répondants pondérés, Silver croise deux variables essentielles : le niveau d'études et le revenu du ménage. Il répartit les électeurs en vingt catégories (quatre niveaux de diplôme et cinq tranches de revenu), puis examine leur vote présidentiel ainsi que leur positionnement idéologique déclaré.
Le résultat le plus frappant est contre-intuitif. Le groupe le plus favorable au Parti démocrate n'est ni celui des diplômés les plus fortunés, ni celui des ménages les plus modestes, mais celui des titulaires d'un diplôme de troisième cycle (maîtrise, doctorat, etc.) dont le revenu annuel du ménage se situe entre 30 000 et 60 000 dollars. C'est également dans cette catégorie que la proportion d'électeurs se définissant comme « very liberal » (très progressistes) est la plus élevée : environ 21 %, contre une moyenne proche de 10 % dans l'ensemble de l'électorat.
À l'autre extrémité du spectre, les électeurs les plus républicains sont les personnes peu diplômées (niveau école secondaire/lycée ou inférieur) disposant d'un revenu relativement élevé (60 000 dollars ou plus), qui ont voté pour Donald Trump dans une proportion avoisinant 60 %.
L'intérêt de l'analyse réside surtout dans l'interprétation de cette « anomalie ». En règle générale, l'éducation et le revenu évoluent de concert : les diplômés gagnent davantage que les non-diplômés. Or, il existe un « angle mort » où cette corrélation se rompt : celui des personnes disposant d'un capital scolaire très élevé sans bénéficier d'une situation économique correspondante.
Pour Silver, cette combinaison constitue le terrain sociologique le plus favorable à la nouvelle gauche américaine, notamment à la Democratic Socialists of America (DSA). Il rapproche ses résultats d'une enquête interne réalisée par cette organisation en 2021 : près de 80 % de ses membres âgés de plus de 25 ans possèdent au moins un diplôme universitaire, mais 45 % vivent dans un ménage dont le revenu est inférieur à 60 000 dollars par an. Les professions les plus représentées sont celles d'enseignant, de travailleur social, de salarié du secteur associatif (sans but lucratif) ou de fonctionnaire.
Autrement dit, le cœur de cette mouvance n'est pas constitué d'ouvriers au sens classique du terme, mais de diplômés exerçant des professions intellectuelles ou de service, souvent peu rémunérées au regard de leur niveau de qualification. Silver avance l'idée que ces électeurs peuvent éprouver un sentiment de déclassement relatif, de ressentiment : leur investissement éducatif ne leur procure pas les perspectives économiques auxquelles ils estimaient pouvoir prétendre. Cette frustration coexisterait avec une forte sensibilité aux questions culturelles et post-matérialistes — identité, environnement, justice raciale ou soutien à la cause palestinienne, par exemple.
L'hypothèse n'est pas entièrement nouvelle chez Silver. Dès 2022, il observait déjà que les professions intellectuelles relativement peu rémunérées — enseignants, journalistes, salariés du secteur associatif ou agents publics — figuraient parmi les bastions électoraux les plus solides du Parti démocrate. Son nouvel article apporte une confirmation statistique plus précise en montrant que c'est précisément à l'intersection d'une très forte éducation et d'un revenu modeste que l'adhésion au progressisme atteint son maximum.
L'argumentation demeure toutefois prudente. Silver souligne lui-même plusieurs limites. Le sous-groupe étudié reste numériquement réduit, les revenus sont autodéclarés, les données ne permettent pas de connaître le milieu social d'origine ni le domaine d'études, et l'enquête interne de la DSA ne saurait être considérée comme représentative de l'ensemble de la gauche américaine. Surtout, il ne prétend pas démontrer un lien de causalité entre déclassement économique et radicalité politique. Son analyse met en évidence une corrélation robuste, non une explication unique.
Cette distinction est importante. Rien n'indique que les diplômés aux revenus modestes deviennent progressistes parce qu'ils sont économiquement frustrés. L'inverse peut également jouer : certains choisissent délibérément des carrières moins lucratives — enseignement, recherche, secteur public ou associatif — précisément parce qu'elles correspondent à leurs convictions. Les deux mécanismes peuvent d'ailleurs coexister.
La réception de l'article illustre cette ambiguïté. Plusieurs médias conservateurs y ont vu la confirmation que la gauche radicale recrute principalement parmi des diplômés « surqualifiés et sous-employés », éloignés de la classe ouvrière traditionnelle. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nuancées. Beaucoup jugent le portrait sociologique convaincant, tandis que d'autres rappellent que ce groupe ne représente qu'une faible part de la population adulte et que l'effet du revenu, à niveau d'études égal, demeure relativement limité.
Au-delà de ces débats, l'apport principal de Silver est de mettre des chiffres précis sur une intuition largement partagée : la polarisation politique américaine ne s'organise plus seulement autour des revenus ou des catégories sociales traditionnelles, mais de plus en plus autour de la combinaison du capital scolaire (bien que ce terme soit un peu ronflant), de la position économique et des valeurs culturelles. Le profil le plus favorable à la gauche radicale américaine n'est pas celui du prolétaire classique, mais celui du diplômé très qualifié dont la réussite matérielle est très limitée.
Voir aussi
Le Chaos qui vient. Élites, contre-élites, et la voie de la désintégration politique de Peter TURCHIN. Résumé de l'éditeur :
Comment et pourquoi les systèmes politiques chutent-ils ? L'analyse à la fois historique et contemporaine du plus passionnant des chercheurs américains. Un livre essentiel pour comprendre l'instabilité du monde actuel. Les sociétés démocratiques sont aujourd'hui mises à mal, contestées et parfois réprouvées par des citoyens qui ont toujours eu le droit de vote. Elles sont jugées de plus en plus inégalitaires et génèrent toujours plus de frustrations, de colère, de ressentiment. Alors, à quel moment un système qui nous paraissait indestructible touche-t-il à sa fin ? Comment les turbulences politiques à même de conduire à une guerre civile s'expliquent-elles ? Pourquoi les dirigeants d'une société peuvent-ils subitement perdre pied ? Qu'est-ce qui, en un mot, mène à l'effondrement ? À ces questions de plus en plus saillantes et urgentes, Peter Turchin offre des analyses et des réponses proprement révolutionnaires : les données à partir desquelles il travaille retracent pas moins de 10 000 ans d'histoire et rassemblent plus de 700 sociétés, de l’Égypte ancienne à l'Amérique contemporaine, en passant par la Chine impériale et la France médiévale. Sa méthode combine le court terme de l'actualité à la profondeur de l'histoire humaine avec, quelles sont les époques, la rigueur d'un scientifique de la complexité.
Les leçons qu'il invite à tirer sont claires. Lorsque l'équilibre du pouvoir entre peuple et élites penche trop sévèrement en faveur de ces dernières, la chute s'avère imminente. Les riches s'enrichissent aux dépens de pauvres qui s'appauvrissent, et à un sommet surpeuplé répondent des masses toujours plus fiévreuses. Ainsi va la mécanique de la surproduction d'élites, premier rouage de l'effondrement social. Ouvrage essentiel pour comprendre en profondeur les temps troublés que nous vivons, Le Chaos qui vient indique également la voie vers un avenir plus stable. Par l'autopsie des crises du passé, Turchin avance un possible remède à nos maux futurs. » Le meilleur essai de l'année. » The TimesTurchin analyse avec lucidité l'instabilité des systèmes, même les plus solides. New York Times
« Le grand récit collectif des échecs et des réussites de l'Humanité ». The Observer
États-Unis — Prime au diplôme universitaire décroît alors que le président Biden renfloue les étudiants
samedi 25 juillet 2026
Nouvelle étude remet en cause les affirmations militantes LGBT selon lesquelles les lois dites « anti-trans » provoqueraient des suicides
Le groupe militant pro-LGBT Trevor Project a publié une étude affirmant que les lois interdisant aux hommes se déclarant « transgenres » de participer aux compétitions sportives féminines entraîneraient une hausse des suicides chez les jeunes. De nouvelles recherches mettent toutefois en évidence de sérieuses failles dans cette étude.
Le Trevor Project continue de promouvoir des « recherches » prétendant établir un lien entre les lois dites « anti-trans » et les suicides chez les adolescents souffrant de confusion de genre. Mais de nouveaux travaux scientifiques remettent une fois de plus en question la validité de ces conclusions.
« Les chercheurs du Trevor Project ont publié une étude évaluée par les pairs dans la revue Nature Human Behaviour, concluant que les lois anti-transgenres – telles que celles examinées par la Cour suprême – provoquent directement une augmentation significative des tentatives de suicide chez les jeunes transgenres et non binaires vivant dans les États concernés », affirme l'organisation. « L’étude a analysé, sur une période de cinq ans, la relation de causalité entre ces lois et le risque de suicide à partir de données recueillies auprès de plus de 61 000 jeunes transgenres et non binaires à travers les États-Unis. Après prise en compte d’autres facteurs, les chercheurs ont conclu que ces lois entraînaient une augmentation pouvant atteindre 72 % des tentatives de suicide déclarées au cours de l’année précédente. »
Cependant, The College Fix rapporte que de nouvelles recherches ont mis au jour d'importantes faiblesses méthodologiques.
« La publication originale donne l’impression de reposer sur une analyse solide portant sur des dizaines de milliers de personnes et sur quinze États ayant adopté de telles lois », explique Kathleen Kerr, directrice du département de biostatistique à l’Université de Washington et coauteure d'une étude publiée dans la même revue afin d'évaluer ces résultats. « Notre commentaire montre que la principale conclusion – à savoir des effets importants deux et trois ans après l’adoption des lois – reposait en réalité sur un seul État, l’Idaho, qui ne représentait que quelques centaines de participants dans l’ensemble des données. Or les deux lois en question de l'Idaho, l’une sur les compétitions sportives et l’autre sur les certificats de naissance, ne sont soit jamais rentrées en vigueur, soit ont été suspendues par les tribunaux peu après leur adoption. »
Kathleen Kerr ajoute que les auteurs de l’étude initiale n’ont pas pris soin de sélectionner des États témoins comparables aux États ayant adopté ces lois. En utilisant comme groupe de contrôle l’ensemble des États n’ayant adopté aucune législation de ce type, ils ont inclus des États géographiquement et culturellement très éloignés, ce qui affaiblit la pertinence des comparaisons.
Les auteurs de l’étude contestée répondent que, même si les lois de l’Idaho n’ont jamais réellement produit d’effets concrets sur un nombre important d’élèves, le débat politique suscité par leur adoption aurait pu avoir un impact psychologique. Ils avancent également que les effets de ces lois auraient pu perdurer dans la pratique, y compris après leur suspension par les tribunaux.
Selon l’auteur, un nombre croissant d’éléments suggère toutefois que c’est au contraire l’approche dite d’« affirmation de genre » qui est susceptible de causer des préjudices importants, en particulier chez des enfants et des adolescents qui ne disposent pas encore de la maturité psychologique, émotionnelle ni de l’expérience nécessaire pour mesurer les conséquences à long terme de décisions susceptibles d'entraîner des transformations physiques majeures, voire des interventions chirurgicales ou des traitements hormonaux irréversibles.
En 2024, la Cass Review, vaste évaluation indépendante commandée par le National Health Service (NHS) anglais, avait conclu que la « médecine de genre » repose sur des « bases fragiles ». Le rapport souligne que, malgré l’abondance des publications scientifiques sur le sujet, les revues systématiques de la littérature mettent en évidence la faible qualité des études disponibles. Il n’existe donc pas, selon ses auteurs, de fondement scientifique suffisamment solide pour guider les décisions cliniques ou permettre aux enfants et à leurs familles de prendre des décisions pleinement éclairées.
En avril, une étude finlandaise portant sur l’ensemble des personnes de moins de 23 ans orientées vers des services spécialisés dans les questions de genre entre 1996 et 2019 (soit 2 083 personnes) a conclu que celles ayant entrepris une « transition de genre » présentaient une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que les groupes témoins, avant comme après leur orientation vers ces services. Les besoins en soins psychiatriques persistaient fréquemment et avaient même tendance à s’aggraver après les interventions médicales.
L’auteur évoque également les témoignages de nombreuses personnes ayant effectué une « détransition », c’est-à-dire ayant renoncé à leur transition pour revenir à leur sexe d’origine. Selon lui, ces témoignages font état de séquelles physiques et psychologiques, ainsi que de biais idéologiques et de négligences au sein d'une partie du corps médical, dont certains praticiens adopteraient une approche militante en faveur de la transition.
Enfin, l’article rappelle que certains médecins pratiquant les soins dits d’« affirmation de genre » ont eux-mêmes évoqué des motivations financières. Il cite notamment un reportage diffusé en 2022 sur la Clinique de santé transgenre du Vanderbilt University Medical Center, dans lequel le Dr Shayne Sebold Taylor déclarait que « ces chirurgies rapportent beaucoup d’argent ».







.jpg)
