vendredi 13 février 2026

L'État se féminise et se « diversifie » (m à j)

Mise à jour (2026)

Les femmes comptaient pour 61,0 % de l’effectif régulier de la fonction publique québécoise en mars 2024, comparativement à 59,3 % en mars 2020 (et 59,5 % en mars 2021).

La proportion des femmes cadres dans l’effectif régulier a atteint 51,4 % en mars 2024, soit un accroissement de 2,2 points de pourcentage depuis mars 2020 (et +1,5 point depuis mars 2021, où elle était à 49,9 %).

La proportion de femmes occupant des emplois en haute direction était de 51,0 % en mars 2024.

Concernant les embauches de personnes membres d’au moins un groupe cible (minorités visibles et ethniques, anglophones, autochtones, personnes handicapées), les données les plus récentes détaillées sur la proportion dans le personnel régulier recruté ne sont pas précisées dans les faits saillants 2023-2024, mais la tendance globale à l’augmentation des groupes visés se poursuit (par exemple, via les plans dits d’accès à l’égalité en emploi). Pour 2020-2021, la proportion était de 22,9 % (hausse de 5,7 points depuis 2016-2017), et les indicateurs d’équité continuent d’évoluer positivement.

La proportion d’embauche de personnes membres de communautés culturelles se situait à 20,8 % en 2020-2021, soit une augmentation de 5,5 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016-2017. (Aucune mise à jour précise pour les années récentes n’est disponible dans les rapports publics consultés, mais les politiques d’inclusion se renforcent.)

Le nombre de cadres « racisés » a augmenté à Radio-Canada ; les femmes y représentent environ 63 % des cadres (données stables ou légèrement évolutives d’après les rapports sur la diversité de l’effectif pour les services français, autour de 2023-2024 ; la proportion de personnes racisées dans l’ensemble du personnel cadre a progressé à 17,0 % dans les observations récentes sur l’effectif).

La tendance globale reste à la hausse pour la représentativité des femmes (environ +0,4 point par an en moyenne ces dernières années pour l’effectif régulier total, et plus marquée chez les cadres).

Mise à jour (2022)

Les femmes comptaient pour 59,5 % de l’effectif régulier de la fonction publique québécoise en mars 2021, comparativement à 58,6 % en mars 2017. 

La proportion des femmes cadres dans l’effectif régulier a atteint 49,9 % en mars 2021, soit un accroissement de 3,4 points de pourcentage depuis mars 2017.

La proportion d’embauches de personnes membres d’au moins un groupe cible (minorités visibles et ethniques, anglophone, autochtone, personne handicapée) dans l’ensemble du personnel régulier recruté se situait à 22,9 % pour l’année 2020-2021, soit une augmentation de 5,7 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016-2017. 

La proportion d’embauche de personnes membres de communautés culturelles se situait à 20,8 % en 2020-2021, soit une augmentation de 5,5 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016- 2017.

 Source


Voir aussi 
 
 
 
  
 
 
 
 
Billet originel (2013)
 
En mars 2007, l’effectif régulier de la fonction publique québécoise était composé de 55,6 % de femmes et de 44,4 % d’hommes, soit un écart de 11,2 points de pourcentage en faveur des femmes. En mars 2011, l’écart s’est accentué pour atteindre 16,0 points de pourcentage, l’effectif régulier comportant maintenant 58,0  % de femmes et 42,0 % d’hommes  (page 34 de ce rapport gouvernemental).

Les femmes constituaient 60,0 % des nouvelles embauches en 2010-2011. (p. 44) Que fait Madame Marois pour corriger cette féminisation ?

Répartition des sexes dans la fonction publique québécoise

Le taux d’embauche des personnes membres d’au  moins un groupe bénéficiant de discrimination positive (minorités immigrées, anglophone, autochtone, personne handicapée) se situe à 22,0 % pour l’année 2010-2011, soit une hausse de 2,5 points de pourcentage depuis 2006-2007. Les membres de minorités visibles ont vu leur taux d’embauche passer de 14,0 % à 19,1 % entre 2006-2007 et 2010-2011.

Répartition des groupes bénéficiant de la discrimination positive


Pour ce qui est des commissions scolaires (un groupe distinct et séparé de la fonction publique comprenant également le personnel enseignant ou non des écoles publiques), les hommes étaient 29,6 % (45 636 sur 154 183 employés)  et les femmes 70,4 % des effectifs en 2007.  Voir la p. 44 de ce rapport du Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJQ). Ce qui n'empêchait pas la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec d'indiquer un manque de 5 618 femmes (p. 46) ! Une fois cet objectif atteint, les hommes seraient à 26 %.

En 2011, le dernier rapport de la CDPDJQ précise que le nombre d'employés dans les commissions scolaires était de 154 187 (p. 57), mais il ne donne que le pourcentage d'handicapés dans ce tableau récapitulatif. Il faut aller aux annexes I et III pour totaliser les effectifs de chaque commission (il y en a 70) et dénombrer la prétendue sous-représentation des femmes dans chacune des commissions scolaires : 5 612.  Eh, oui, les effectifs des commissions scolaires sont très majoritairement féminins (108 547 soit 70,4 %), mais il y aurait toujours une sous-représentation des femmes dans ces mêmes commissions scolaires — près de 5600 femmes manqueraient ! — selon ce rapport au titre orwellien  « L’Accès à l'égalité en emploi »...

États-Unis : l’aide française dans la guerre d’indépendance a été minimisée

À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, l’historienne néerlandaise Iris de Rode a découvert dans des archives privées la correspondance de l’un des personnages clefs de la guerre, le marquis de Chastellux. « Des aristocrates qui vont se battre pour défendre des principes de liberté ne rentrent pas dans les schémas historiques », estime Iris de Rode. Le Figaro l'a rencontrée.


LE FIGARO. — Comment êtes-vous devenue historienne de la guerre d’indépendance américaine ?

IRIS DE RODE. — J’y ai été menée par un arbre. Je suis hollandaise, mais j’ai passé une partie de mon enfance en France. Mes parents avaient acheté, pour la restaurer, une propriété du XVIIe siècle dans le Morvan. Il y avait devant la maison un grand arbre appelé « l’arbre de La Fayette », la tradition locale voulant qu’il l’ait planté à son retour d’Amérique. Quelques années plus tard, j’ai découvert en lisant une biographie de La Fayette qu’il n’était jamais venu dans la région. J’ai décidé d’élucider l’histoire de cet arbre, et de savoir qui l’avait planté, si ce n’était pas La Fayette. Mes recherches m’ont amenée aux archives locales à Avallon. J’ai retrouvé la correspondance de l’ancien propriétaire de notre maison, qui évoquait un arbre d’Amérique dans des lettres à un certain Chastellux. Je me suis souvenue de l’existence d’un château de ce nom dans la région. J’ai trouvé une adresse électronique, et écrit à tout hasard en expliquant mes recherches. Le propriétaire actuel du château, Philippe de Chastellux, m’a répondu qu’il avait le même arbre chez lui, et qu’il savait qui l’avait planté. Il m’a invitée à lui rendre visite.

Le château de Chastellux

— Qu’y avez-vous découvert ?

— Que l’arbre de Chastellux était lui aussi un tulipier de Virginie, comme le nôtre. Mais surtout qu’il avait été selon la tradition familiale offert par George Washington à son ancêtre, François-Jean de Chastellux, qui avait participé à la guerre d’indépendance américaine et combattu à la bataille de Yorktown. Philippe de Chastellux m’a prêté le livre de ses souvenirs de campagne. C’est là où tout a commencé. J’ai découvert le personnage de Chastellux, mais aussi l’histoire de l’indépendance des États-unis et de la participation française à ce conflit. Ce livre m’a passionnée. J’ai repris mes recherches sur Chastellux à Paris pour mon mémoire de maîtrise, mais j’ai eu la surprise de ne trouver aucun document le concernant dans les Archives nationales. Je suis donc retournée voir Philippe de Chastellux, qui m’a montré en secret la tour de son château contenant les archives familiales.

— Qui est François-jean de Chastellux ?

Le marquis de Chastellux est major général dans l’expédition particulière, le corps expéditionnaire français envoyé en 1780 par Louis XVI pour aider les insurgés américains. Il est le numéro trois dans l’état-major, sous le commandement du général de Rochambeau. C’est un soldat professionnel, spécialiste des questions militaires. Il a combattu très jeune en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans. Il a aussi étudié la stratégie, et a été l’auteur d’un plan de réforme de l’armée française après ce conflit.

— Quel est son rôle dans la campagne ?

Chastellux prend l’initiative d’un grand voyage de reconnaissance sur le terrain, que Rochambeau approuve. Ce déplacement marque un tournant dans la campagne, à un moment où la coopération entre les alliés est difficile et incertaine. Il traverse plusieurs États, visite les précédents champs de bataille. Il participe activement à la conférence où est décidée la stratégie : il contribue au choix de ne pas tenter de reprendre New York, pour se concentrer à la place sur la baie de la Chesapeake, décision qui aboutira à la victoire de Yorktown.

jeudi 12 février 2026

Le recteur de l'UQAM évoque dans un communiqué l'accès accéléré à la résidence permanente pour tous les diplômés d'une université québécoise

Dans un message adressé à la communauté universitaire de l’Université du Québec à Montréal le 12 février 2026, le recteur Stéphane Pallage (ci-contre) exprime son soulagement face à la prise de position de Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, en faveur d’une réacti­vation temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une durée de deux ans. 

Le recteur y évoque une anecdote personnelle : lors de son mandat au Grand-Duché du Luxembourg, il avait proposé au ministre compétent de remettre symboliquement, à l’occasion des cérémonies de collation des grades, un document équivalant à un certificat de résidence permanente aux diplômés étrangers. Il estime aujourd’hui que cette idée trouve au Québec, avec le PEQ, une traduction concrète — et même amplifiée — qu’il qualifie de « visionnaire » et de « révolutionnaire » par la clarté de son message : « Le Québec souhaite que vous restiez. »

M. Pallage ne limite pas cette perspective aux diplômés d’universités francophones ni à ceux formés dans des secteurs en pénurie ou en forte demande. Il affirme que l'université transmet les valeurs du pays, cela reste à prouver. Nombreux sont ceux qui trouvent que les universités sont plus orientées à gauche que le pays.

Certains pourraient y voir la volonté d’assurer le maintien — voire l’accroissement — des cohortes d’étudiants étrangers, alors que le nombre d’étudiants québécois devrait diminuer à moyen terme en raison du fort recul démographique (au niveau catastrophique de 1,33 enfant/femme) et de mesures restrictives récentes. Les mesures restrictives adoptées en matière d’immigration temporaire ont d’ailleurs entraîné, dès 2025, une baisse marquée des inscriptions internationales : −37 % à l’Université de Montréal, −41 % dans le réseau de l’Université du Québec, et jusqu’à −59 % à l’Université Laval pour certaines périodes.

Pour 2026, le Québec disposerait d’environ 39 474 places pour de nouveaux permis d’études, dans le cadre d’un plafond fédéral fixé à 408 000 pour l’ensemble du Canada, avec une stabilisation des quotas de certificats d’acceptation du Québec (CAQ) jusqu’en 2027-2028. À court terme (2026-2028), ces paramètres devraient se traduire par une diminution des effectifs universitaires, particulièrement dans les établissements francophones, plus dépendants de la clientèle internationale, tandis que les universités anglophones semblent, pour l’instant, mieux résister.

Vous aurez sans doute appris avec soulagement cette semaine la prise de position de Christine Fréchette en faveur du retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans, si elle devient première ministre au terme de la course à la chefferie de son parti. C’est une nouvelle importante pour notre communauté étudiante, professorale, chargée de cours et employée. La mobilisation de nombreuses parties prenantes pour l’introduction d’une clause grand-père aura porté fruit. Reste bien sûr à convaincre toutes les aspirantes et tous les aspirants au poste de premier ministre dans ce parti et dans les autres. 

Le PEQ est un programme visionnaire. Dans ma vie précédente de recteur à l’Université du Luxembourg, j’avais un jour mentionné au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche que le pays aurait tout à gagner à remettre lors des collations des grades, en plus des diplômes, l’équivalent d’un certificat de résidence permanente. L’Université forme et transmet des valeurs, celles du pays. L’Université est un outil d’intégration d’une force inégalée. Elle est aussi la porte d’entrée des plus grands cerveaux.

Le ministre a trouvé l’idée intéressante, mais elle ne s’est jamais concrétisée. À mon retour au Québec en 2023, j’ai découvert que cette idée avait été mise en œuvre par une société, celle du Québec. C’est en parlant à la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration de l’époque, une certaine Christine Fréchette, que j’ai appris la chose. Je lui ai fait part de mon idée, que je croyais géniale. Elle m’a dit simplement : « Mais nous avons le PEQ ». 

De fait, le Québec avait mis en place le Programme de l’expérience québécoise, un programme vraiment révolutionnaire. Il permettait aux étudiantes et étudiants internationaux diplômés d’une université québécoise l’accès accéléré à la résidence permanente, de même qu’aux personnes issues de l’international ayant travaillé au Québec pendant deux ans au cours des trois dernières années.

Rien d’automatique, rien d’obligé, mais un geste important, un message: « Le Québec souhaite que vous restiez ». La réactivation de ce programme est vraiment souhaitable et souhaitée.

Québec — Son refus de se soumettre à un mensonge du « genre » lui coûte son emploi

Michel Lizotte, employé par Santé Québec pour enseigner aux employés l'utilisation de logiciels pour créer, modifier et consulter le futur dossier de santé numérique, s'est retrouvé dans une situation où il devait choisir entre enseigner un fait non établit ou un mensonge flagrant et garder son emploi en se conformant aux ordres se ses supérieurs, ou refuser et faire face à leurs pressions et finir par être renvoyé.
Parmi ses 14 cours se trouvait une phrase faisant la promotion de l'idéologie du genre et qui n'avait rien à voir avec la matière à enseigner. Son refus de l'enseigner et de participer au mensonge lui a coûté son emploi.

Il dénonce une mentalité qui s'est établie peu à peu au Québec où les établissements publics et scientifiques se sont transformés en institutions idéologiques, soulignant que la complicité et la conformité au mensonge, d'une part, et sa récompense, de l'autre, font dériver la société dans un totalitarisme idéologique.

 

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À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle. 

La Croisade du maire de Québec pour changer sa ville trop québécoise, trop conservatrice

Extrait d'un article d'Étienne-Alexandre Beauregard, auteur et chercheur chez Cardus. Son plus récent livre, Anti-civilisation. Pourquoi nos sociétés s’effondrent de l’intérieur, a été publié en septembre 2025 aux Presses de la Cité. Il a auparavant été rédacteur de discours et conseiller en planification stratégique au cabinet du premier ministre du Québec.

[...] La ville de Québec, sous Bruno Marchand (ci-contre), a réduit à la fois
la fréquence de la collecte des déchets et la vitesse du déneigement en cas de tempête. Ça n’a pas empêché les taxes municipales d’augmenter, ni l’apparition d’une étrange taxe de 12 $ imposée à tous les propriétaires de chats, soi-disant pour compenser les externalités de leur animal de compagnie. Notons également, en pleine saison des fêtes, l’interdiction de faire des feux de foyer que la municipalité a voulu faire respecter en traquant les récalcitrants au moyen de caméras thermiques en pleine semaine de Noël.

On citera la risible offensive « équité, diversité et inclusion » lancée par la ville depuis 2021. À coup de publicités à la télévision et dans les autobus, on invite les résidents à consulter un site Web afin de « s’éduquer », afin d’être plus ouverts à l’endroit des immigrants, truffé de banalités, dont : « Sourire et dire bonjour aux personnes issues de la diversité pour les inclure dans notre quotidien. » Dans cette même veine, une mosaïque historique dépeignant Samuel de Champlain à la fondation de la ville a également été cachée à l’hôtel de ville, car jugée offensante pour les peuples autochtones. Ironiquement, cela reproduit le scénario du film Testament, de Denys Arcand, qui se veut une satire de la cancel culture contemporaine.

Naturellement, l’enjeu hyper polarisant du tramway de Québec s’inscrit dans le même courant. Adulé par les commentateurs montréalais, mais rejeté par la majorité des citoyens de Québec, le projet de transport en commun du maire Marchand est devenu le fer de lance de ceux qui souhaitent la « métropolisation » de la vieille capitale en luttant contre l’usage de l’automobile. Nappé d’un vernis écologique, ce projet de plus de dix milliards de dollars représente l’acharnement idéologique d’un maire qui souhaite profondément changer la ville qu’il dirige, souvent contre l’avis des citoyens.

L’immigration, nouveau cheval de bataille

Parmi les grandes villes canadiennes, Québec a également la particularité d’être celle où l’immigration fut historiquement la plus faible. Comme le veut l’expression, Québec est « un gros village » où la plupart des gens se connaissent et se sont côtoyés à l’école ou dans des associations, malgré sa taille de plus de 500 000 habitants. Comme le soulignaient les professeurs Pierre Fortin et Mario Polèse dans Policy Options, alors que de nombreuses grandes villes sont en déficit de capital social, Québec s’illustre par le faible niveau de criminalité et d’inégalités, ainsi que par un fort dynamisme économique, le tout produit d’une ville « tissée serrée ». Encore récemment, Québec incarnait une « autre manière » d’être une grande ville, contre la densification outrancière, la lutte à l’auto et une croissance fondée avant tout sur l’immigration.

C’était sans compter la nouvelle croisade de Bruno Marchand, qui s’est révélé cet automne comme l’un des plus farouches opposants aux restrictions imposées par le gouvernement du Québec en immigration. Au moment où la majorité des acteurs politiques, incluant les libéraux de Mark Carney, reconnaissent que les politiques migratoires sont allées trop loin au cours des dernières années, le maire de Québec continue de ramer dans la direction opposée. Montant au créneau comme s’il était chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, il n’a cessé d’interpeller le gouvernement Legault pour que les travailleurs temporaires dont le permis est échu ne soient pas contraints de quitter le pays. Il y a quelques jours, dans les pages du Globe and Mail, il se réjouissait que la démographie de sa ville change drastiquement à la suite d’une hausse de 57 % de sa population immigrée depuis 2016.

Pourtant, pendant qu’il célèbre, Québec est en route pour avoir la plus forte croissance démographique de toute la province d’ici 2050, et cela n’est pas sans conséquences. Alors que la hausse fulgurante du prix des propriétés semble quelque peu ralentir, elle se poursuit de plus belle à Québec, qui s’inscrivait, au début de l’an dernier, comme la ville du Québec où le prix des maisons augmentait le plus vite, deux fois plus qu’à Montréal. La situation est telle que la municipalité organise désormais une loterie pour distribuer les prêts sans intérêt de son programme d’accès à la propriété, pour lequel les demandes ont explosé. Québec, la ville familiale par excellence, rejoint désormais les autres grandes villes où il est de plus en plus difficile de se loger.

Une autre ville reste possible

Il semblerait donc que ce qui a longtemps fait la différence de la Ville de Québec soit à risque de s’effacer, pour faire place à la vision des grandes métropoles occidentales, qui misent sur la densification et une immigration incontrôlée pour produire des villes inabordables et en grave déficit de capital social. Nous osons pourtant croire que le rêve de la ville à échelle humaine et enracinée, de la maison unifamiliale et de l’automobile est encore partagé par énormément de gens, en particulier les jeunes qui souhaitent fonder une famille. [...]

La lente débâcle du capitalisme progressiste ?

Milton Friedman proclamait en 1970 que « la responsabilité sociale des entreprises est d'accroître leurs profits », considérant l'enrichissement comme la meilleure contribution au progrès social. Cinquante ans plus tard, cette doctrine s'est effondrée face au progressisme, idéologie née dans les universités américaines qui confond changement permanent et amélioration véritable. En 2020, 96% des dirigeants américains interrogés par Deloitte/Fortune considéraient la diversité, l'équité et l'inclusion (DEI) comme une priorité personnelle. Dick Costolo, ancien patron de Twitter, menaçait en 2020 : « Les capitalistes "moi d'abord" qui pensent pouvoir séparer la société du monde des affaires seront les premiers fusillés à la révolution. »

Ce basculement résulte principalement de l'activisme des millennials et générations Y et Z, nés après les années 1980, biberonnés aux réseaux sociaux et éduqués par des enseignants politisés. Ces « consomm'acteurs » n'achètent plus seulement un produit pour ses qualités, mais pour ce qu'il représente et les valeurs qu'il porte. En 2020, 69% des Français estimaient que le capitalisme faisait plus de mal que de bien. Ces nouveaux salariés ont importé ces exigences dans leurs entreprises, les contraignant à prendre position sur des causes dépassant leur activité, de Black Lives Matter à la lutte climatique.

L'abécédaire du progressisme : DEI, RSE, ESG

Pour répondre à ces attentes, un vocabulaire spécifique s'est développé. La DEI incarne la dimension « ressources humaines » avec quotas d'embauche, formations aux biais inconscients et promotion systématique de la diversité. La RSE correspond à l'engagement éthique des entreprises, évalué selon les critères ESG (environnementaux, sociaux, gouvernance) utilisés par les investisseurs. S'y ajoutent de nombreux labels : B Corp, ISR, Great Place to Work, Engagé RSE, Positive Company.

Le problème majeur : ces critères visent davantage la communication que l'application réelle. La Poste avait reçu la meilleure note RSE jamais attribuée par Vigéo Eiris pour 2019, alors qu'Envoyé spécial révélait simultanément une vague de suicides chez ses salariés. En 2021, Orpea affichait d'excellents résultats RSE ; l'année suivante, « Les Fossoyeurs » exposait la maltraitance massive dans ses Ehpad. En réalité, le progressisme est surtout une affaire financière : la multiplication des normes et labels a créé toute une industrie de conseil dont les acteurs s'intéressent souvent moins aux effets concrets qu'aux prestations facturables.

La fin de la récréation

La fête s'achève. En France, Emmanuel Faber, PDG de Danone, fut débarqué en 2021 après avoir inscrit une « raison d'être » dans les statuts de l'entreprise, victime de résultats financiers décevants. Les actionnaires pardonnent rarement les contre-performances. Le coût prohibitif de la mise en conformité pousse les entreprises à revenir aux fondamentaux économiques.

Aux États-Unis, la contre-offensive anti-woke s'intensifie depuis le retour de Donald Trump. Interdiction des programmes DEI dans l'administration, sanctions contre les universités... Les grands patrons de la Silicon Valley, pourtant creuset du progressisme, ont changé de posture pour éviter les procédures judiciaires. En 2023, 65% des dirigeants américains faisaient de la DEI une priorité personnelle selon Deloitte/Fortune, une chute d'un tiers par rapport à 2020. L'édition 2025 de l'étude n'en parle même plus.

L'effondrement du conseil en RSE

Après 24% de croissance annuelle entre 2018 et 2024, le secteur du conseil en RSE a connu en 2025 sa pire année. Les cabinets surfaient sur l'accumulation ininterrompue de normes européennes. En 2012, une directive impose aux grands groupes un rapport sur leur consommation énergétique. Elle est remplacée en 2014 par la NFRD exigeant un rapport annuel sur les pratiques environnementales et sociales. En 2022, la CSRD prend le relais avec des règles encore plus contraignantes : 1102 points de données, pour un coût estimé à 3,6 milliards d'euros annuels pour l'ensemble des entreprises européennes. Pour une ETI française, la conformité coûtait 800 000 euros sur deux ans.

Ce maquis expliquait l'activité incessante des cabinets de conseil. « Dans certains cabinets, les commerciaux avaient pris l'habitude des appels entrants. C'étaient les clients qui les démarchaient », rapporte Valérie Ader de Colombus Consulting. Il aura fallu un rapport de 400 pages de Mario Draghi pour que Bruxelles prenne conscience de ses excès. Le 26 février 2025, la Commission européenne rétropédale, réduisant le champ d'application de la CSRD pour dispenser 90% des entreprises concernées et diminuant le nombre d'éléments à fournir.

La disparition du caractère obligatoire a poussé beaucoup d'entreprises à repousser la mise en œuvre. Le retournement a été brutal : plans sociaux, cabinets acculés à fusionner, salariés incités à devenir free-lance. Mais la RSE ne disparaîtra pas complètement. Implantée dans tous les métiers (achats, logistique, finance, RH), elle crée un effet de cascade : les grandes entreprises imposent leurs règles aux sous-traitants, souvent des PME qui risquent de perdre leurs clients sans conformité. Une entreprise textile a ainsi perdu un énorme marché avec Air France, La Poste et la SNCF faute de pouvoir tracer son coton. Le legs de la CSRD n'est pas une révolution écologique, mais un système de contraintes en cascade survivant à sa propre simplification.

La grande débâcle du capitalisme progressiste

« Go woke, go broke » (progressisme radical, krach fatal) : le slogan s'est réalisé. Boeing, Mattel, IBM, Caterpillar, John Deere, Pepsi, Lockheed Martin, GM, Paramount et McDonald's ont revu ou renoncé à leurs politiques DEI, sous la pression d'un mouvement conservateur soutenu par Trump. La réélection républicaine de 2024 a stoppé cette dérive idéologique essaimée après le meurtre de George Floyd en 2020.

Suppression des quotas antiracistes, réduction des effectifs dédiés à l'inclusion, fin des collaborations avec les groupes LGBTQIA+... De l'automobile (Ford, Harley-Davidson) à la distribution (Walmart, Target), en passant par la tech (Meta, Google, Amazon) et Wall Street (Goldman Sachs, Citigroup), beaucoup ont rétropédalé. Bank of America avait lancé un programme fondé sur la théorie critique de la race, déplorant la « suprématie blanche » et demandant aux salariés blancs de « décoloniser leur esprit ». Elle a fait marche arrière, comme Blackrock, suite au décret présidentiel bannissant les programmes DEI fédéraux.

Disney illustre parfaitement le naufrage. Le groupe a créé « Réimaginer l'avenir », priant ses employés de « prendre en main leur éducation sur le racisme structurel anti-noirs ». Une dirigeante, « mère de deux enfants queers », a promis 50% de personnages issus des minorités. Formule d'accueil traditionnelle bannie, classiques (Peter Pan, Dumbo) précédés d'avertissements pour racisme, bides des remakes woke (La Petite Sirène, Blanche-Neige)... Cinquième marque la plus aimée en 2019, Disney est tombée à la 76e place en 2025 selon Axios Harris. Les termes « diversité » et « DEI » ont disparu de ses rapports annuels. « Le job de Disney, c'est de divertir, pas de faire de la politique », a reconnu son PDG Bob Iger.

En 2023, Budweiser a recruté l'influenceuse transgenre Dylan Mulvaney pour Bud Light. Le boycott fut immédiat : 5 milliards de pertes en Bourse, effondrement des ventes, mise en congé de la vice-présidente marketing. Leader pendant vingt ans, Bud Light est tombée troisième place derrière une bière mexicaine.

Ce revirement découle aussi de la décision de la Cour suprême en 2023 d'abolir la discrimination pro « minorités » universitaire. Des activistes de droite mènent depuis une guérilla judiciaire contre la DEI. Robby Starbuck, réalisateur devenu croisé conservateur, a fait trembler Harley-Davidson, Ford et Jack Daniel's, avant d'être embauché par Meta pour corriger les « biais idéologiques » de son IA.

Malgré les pressions, Apple, Costco, Levi's, Delta Air Lines et Microsoft refusent de reculer. Les entreprises dépensent toujours 8 milliards de dollars annuels en formations DEI selon Harvard Kennedy School, bien que 57% des Américains plébiscitent leur neutralité politique selon Ipsos. À contre-courant, la campagne d'American Eagle avec Sydney Sweeney jouant sur l'homophonie « genes/jeans » a rencontré un succès planétaire. Les affaire sont les affaires.


Source (résumée et adaptée) : Valeurs actuelles

mercredi 11 février 2026

Tuerie dans une école en Colombie-Britannique, le meurtrier serait un garçon qui se disait fille

Un total de neuf personnes sont mortes dans une fusillade survenue à Tumbler Ridge, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, mardi après-midi. Le meurtrier aurait tué sa mère et son frère (ou demi-frère) avant d’aller à son ancienne école

La personne soupçonnée d’être à l’origine de la tuerie de masse à Tumbler Ridge aurait tué sa mère et son (demi-)frère avant de se rendre dans son ancienne école secondaire. Jusqu’à maintenant, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas précisé ce qui a motivé ce geste.

La personne soupçonnée d’avoir provoqué la tuerie de masse serait Jesse Van Rootselaar, 18 ans. Il s’agit d’une personne née homme et qui aurait débuté sa transition il y a 6 ans et qui s’identifiait comme femme, d’après la GRC. Jesse aurait abandonné l'école il y a 4 ans.

Selon un membre de la famille contacté par La Presse, Jesse Van Rootselaar aurait tué sa mère, Jennifer Strang, et son petit frère. Dwayne McDonald de la Gendarmerie royale a indiqué qu'il pourrait s'agir de son demi-frère. Jesse se serait ensuite rendu à son ancienne école secondaire, abattant six autres personnes et faisant environ 25 blessés dont deux graves, avant de se donner la mort. 

Jesse Van Rootselaar, 18 ans, aurait eu des problèmes de santé mentale, selon la GRC. La police était intervenue plusieurs fois au domicile de la famille, notamment pour des problèmes de santé mentale et pour saisir des armes à feu. Le commissaire adjoint Dwayne McDonald, commandant de la GRC en Colombie-Britannique, a déclaré que la dernière visite remontait au printemps dernier et était liée à des problèmes de santé mentale et à des préoccupations liées aux armes à feu.

« Sa mère a essayé pendant des années de lui faire obtenir une aide psychologique, en l’emmenant à plusieurs reprises dans des services psychiatriques », a précisé ce membre de la famille à La Presse.

Jennifer Strang partageait sur ses réseaux sociaux des publications mettant en avant des armes à feu, ainsi que des messages dénonçant la transphobie.

Un compte Reddit (pas illustré ci-dessus) désormais supprimé, qui présente des similitudes avec les profils liés au tireur de Tumbler Ridge, révèle que le suspect souffrait de graves troubles mentaux, notamment de pensées suicidaires explicitement liées à son identité transgenre. Il écrivait dans un message publié il y a six mois : « Je suis, euh, assez désorienté. :P » et sa biographie disait « rien de tout cela n'a de sens ». 


Son compte YouTube, promu par sa mère, a été créé le 25 novembre 2018, initialement sous le nom « jesseboy347 strang », mais a ensuite été renommé « JessJessUwU ». Le profil mis à jour indiquait les pronoms « elle [She/her] », ce qui suggère que Jesse Strang s'est ensuite identifié comme transgenre. L'image de profil est un personnage de style anime superposé à un drapeau arc-en-ciel transgenre, à côté d'un fusil SKS. La chaîne ne contenait qu'une seule publication publique, mise en ligne il y a environ six mois, qui disait : « J'ai été assez, euh, sans but. »

Tôt ce matin déjà, l’identité du tueur était révélée avec le nom de famille de sa mère sur les réseaux sociaux, alors que la police et les médias de grand chemin gardaient le silence jusqu'à environ 15 h.

Le père biologique rejeté par la famille de la mère 

Justin Van Rootselaar, qui s'est présenté comme le père biologique du tireur de l'école de Tumbler Ridge, a déclaré à Juno News que son fils, Jesse Strang, n'avait jamais porté le nom de « Van Rootselaar ». Il exige que la GRC clarifie l'identité du tireur à la suite de sa conférence de presse de mercredi.

La GRC a identifié le tireur de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, comme étant Jesse Van Rootselaar, un homme de 18 ans qui s'identifiait comme transgenre.

Justin Van Rootselaar s'est entretenu en exclusivité avec Juno News jeudi, affirmant que le passeport du tireur ne portait pas le nom de Van Rootselaar et contestant directement les déclarations de la GRC mercredi concernant l'identité du tireur.


« Je suis le père biologique, je me suis battu pour faire partie de leur vie, mais j'ai toujours été confronté à l'opposition de la famille Strang », a déclaré M. Van Rootselaar dans une déclaration écrite soumise à Juno News.

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Robin Westman achète des armes
peu avant le bain de sang
En 2025, un transgenre mécontent a ouvert le feu dans une école catholique de Minneapolis. Il y a tué deux enfants et blessé une douzaine d'autres personnes. La psychotranssexualité est l'une des nombreuses nouvelles identités passionnantes de notre époque, mais les médias américains somnolents ne semblent pas intéressés par le sujet. Ils persistent, de manière tout à fait frauduleuse, à désigner Robin Westman par le pronom « elle », alors que M. Westman lui-même avait renoncé à sa transsexualité avant le carnage :

Robin Westman, l'auteur de la fusillade dans une école de Minneapolis, a avoué qu'il était « fatigué d'être trans » : « J'aurais aimé ne jamais m'être lavé le cerveau ».

Certes, il voulait être une fille, mais il a fini par comprendre qu'il ne l'était pas : « Je sais simplement que je ne peux pas y arriver ».

Mais est-ce vrai ? « S'identifier » est très bien vu, jusqu'à ce que vous décidiez revenir sur cette identification et être ce que vous étiez à la naissance. Ainsi, au New York Times, à Radio-Canada, France Inter et ailleurs, M. Westman est une femme pour l'éternité.

Si j'étais journaliste dans le Minnesota, je serais curieux de savoir à quelles procédures irréversibles M. Westman s'est soumis, car il serait très dur pour n'importe quel jeune homme ou jeune femme de se rendre compte qu'il ou elle est désormais, disons, impuissant(e) à vie à cause d'une phase adolescente passagère. Les « soins qui affirment le genre » se révèlent finalement pas si affirmatifs ou positifs que ça. 

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À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

mardi 10 février 2026

Le télétravail, remède inattendu à la crise démographique ?

Une étude de Stanford révèle qu'un simple jour de travail à domicile pourrait faire plus pour la natalité que des milliards d'euros en allocations familiales.

Dans un monde occidental confronté à l'effondrement de sa natalité — 1,6 enfant par femme aux États-Unis en 2024, souvent moins encore en Europe et en Asie de l'Est —, les gouvernements multiplient les initiatives coûteuses : primes à la naissance, crèches subventionnées, congés parentaux allongés. Pourtant, une étude récente de l'université Stanford suggère qu'une mesure bien plus simple et économique pourrait inverser la tendance : laisser les salariés travailler de chez eux, ne serait-ce qu'un jour par semaine.

Publiée en août 2025 sous le titre « Work from Home and Fertility », cette recherche menée par l'économiste Nicholas Bloom et plusieurs co-auteurs s'appuie sur une vaste enquête internationale de plus de 19 000 travailleurs répartis dans 38 pays. Le constat est frappant : les couples où les deux conjoints télétravaillent au moins un jour par semaine affichent une fécondité totale supérieure — de l'ordre de 0,2 enfant supplémentaire par femme en moyenne dans l'échantillon mondial, et 0,18 aux États-Unis. Selon certaines projections intégrant les intentions de fécondité future, cet effet pourrait même atteindre 0,3 à 0,5 enfant par couple.


290 000 naissances américaines liées au télétravail en 2024

L'ampleur de l'impact dépasse les prévisions initiales. Aux États-Unis, l'essor du télétravail consécutif à la pandémie de COVID-19 expliquerait environ 290 000 naissances supplémentaires pour la seule année 2024 — soit près de 8 % des naissances totales enregistrées cette année-là. Sur l'ensemble de la période 2021-2025, les chercheurs estiment à 80 000 par an en moyenne le nombre de naissances attribuables à cette nouvelle organisation du travail.

Ces chiffres, qui peuvent paraître considérables, reposent sur une méthodologie rigoureuse. Les auteurs ont pris soin de contrôler les biais de sélection — par exemple en tenant compte du potentiel de télétravail propre à chaque métier  avant la pandémie — afin d'isoler l'effet réel du travail à domicile de celui d'autres facteurs socio-économiques.


« On ne peut pas tomber enceinte par courriel »
 
Pourquoi le télétravail favorise-t-il la natalité ? Les mécanismes identifiés par l'étude sont à la fois simples et puissants. D'abord, une dimension purement biologique : moins de stress, moins d'épuisement lié aux déplacements quotidiens, des horaires plus souples… autant de facteurs qui créent davantage de moments propices à la conception. Nicholas Bloom le résume avec une formule provocante mais révélatrice : « On ne peut pas tomber enceinte par courriel. »

Ensuite, une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Le temps gagné sur les trajets — souvent plusieurs heures par semaine — peut être réalloué à la parentalité, au sommeil, au sport, ou tout simplement à la vie de couple. Les femmes ayant déjà des enfants expriment d'ailleurs dans les enquêtes un désir particulièrement marqué de télétravailler, signe que cette organisation répond à un besoin profond de flexibilité.

Une politique familiale par accident

L'étude ne prétend pas que le télétravail constitue une solution miracle à la crise démographique. Les freins structurels demeurent massifs : coût du logement prohibitif dans les grandes métropoles, précarité économique croissante, absence de services de garde d'enfants abordables et accessibles, évolution des aspirations individuelles. Mais elle suggère qu'un modèle de travail hybride généralisé — entre un et trois jours à domicile par semaine — pourrait représenter l'une des politiques natalistes les plus efficaces… et les moins coûteuses pour les États.
 
Car, contrairement aux allocations familiales ou aux infrastructures de garde d'enfants, le télétravail ne nécessite aucun budget public. Il repose sur une simple autorisation accordée par les employeurs, souvent sans perte de productivité — voire avec des gains, comme l'ont montré de nombreuses études menées durant et après la pandémie.

Pourtant, depuis 2023, de nombreuses entreprises — notamment dans les secteurs technologique et financier — ont entrepris de forcer le retour au bureau à temps plein, invoquant pêle-mêle la culture d'entreprise, la collaboration spontanée ou le contrôle managérial. Si l'étude de Stanford se confirme, ces politiques de rappel pourraient constituer, presque par inadvertance, l'une des mesures anti-natalistes les plus discrètes jamais mises en œuvre.

Des résultats à confirmer, un débat à ouvrir

Comme toute étude observationnelle, celle-ci présente des limites. Malgré les contrôles statistiques, il reste difficile d'exclure totalement l'hypothèse selon laquelle les couples choisissant le télétravail possèdent déjà d'autres caractéristiques favorables à la parentalité : revenus plus élevés, stabilité professionnelle, niveau d'éducation, valeurs familiales. De plus, les projections sur les intentions futures de fécondité — qui font grimper l'effet estimé à 0,3 ou 0,5 enfant — demeurent fragiles : vouloir un enfant dans cinq ans ne garantit pas qu'on l'aura.

Enfin, le chiffre de 290 000 naissances attribuées au télétravail en 2024 aux États-Unis — soit 8 % du total — paraît considérable et mériterait d'être vérifié par des recherches indépendantes utilisant d'autres sources de données.

Reste que ces résultats, même s'ils nécessitent confirmation, ouvrent une piste de réflexion majeure. Ils rappellent que la natalité ne dépend pas seulement de transferts monétaires ou d'infrastructures publiques, mais aussi — peut-être surtout — de la qualité de vie quotidienne, du temps disponible, de la réduction du stress et de la possibilité de concilier ambitions professionnelles et désir d'enfants.

À l'heure où les démographes multiplient les scénarios catastrophes sur le vieillissement des populations occidentales, et où les gouvernements cherchent désespérément des leviers d'action, le télétravail offre une solution paradoxale : une des politiques familiales les plus efficaces pourrait bien être… de laisser les gens travailler chez eux.

Radicalisation croissante de la gauche (démocrate) américaine

Depuis plusieurs décennies, la polarisation politique américaine est au cœur des débats : les opinions semblent plus tranchées et les deux camps plus éloignés que jamais. Une étude récente propose toutefois un éclairage intéressant — et en partie contre-intuitif — sur la manière dont cette polarisation s’est opérée.

En effet, une étude récente publiée dans la revue Nature Human Behaviour par Jaume Ojer, David Cárcamo, Romualdo Pastor-Satorras et Michele Starnini analyse l’évolution de la polarisation idéologique aux États-Unis à partir des données des American National Election Studies (ANES), une grande base d’enquêtes représentatives couvrant plusieurs décennies (1992 à 2020).



Plutôt que de se contenter des déclarations d’appartenance politique, les auteurs ont construit un espace idéologique multidimensionnel en intégrant des opinions sur des dizaines de questions sociales, économiques et politiques.

Plutôt que de s’en tenir à l’auto-identification politique des répondants (« plutôt de gauche » ou « plutôt de droite »), les chercheurs ont utilisé une méthode statistique appelée k-moyennes Concrètement, cet algorithme regroupe automatiquement les individus en ensembles homogènes à partir de leurs réponses. En fixant deux groupes (k = 2), l’un à dominante libérale/progressiste, l’autre conservatrice, ils ont pu mesurer l’évolution de la distance idéologique entre ces deux pôles.

Ils ont ainsi mesuré la distance idéologique entre différents groupes (par exemple, démocrates et républicains) dans cet espace.

Le constat est clair : l’écart entre les deux groupes s’est nettement accru depuis 1988. Mais ce mouvement est asymétrique. Le groupe de gauche s’est déplacé de façon marquée vers des positions plus progressistes sur les questions sociétales (environ 31,5 % de déplacement selon les estimations). Le groupe de droite, en revanche, est resté relativement stable, avec un déplacement beaucoup plus limité (environ 2,8 %).

Autrement dit, la polarisation ne résulte pas d’un double mouvement symétrique vers les extrêmes. Elle tient surtout à un déplacement du centre de gravité de la gauche. Cela éclaire le sentiment, chez certains électeurs qui se percevaient naguère comme modérés — voire de centre gauche —, d’être aujourd’hui catalogués comme « très à droite » : moins qu’un changement personnel, c’est un glissement des repères collectifs.

Les résultats montrent que, sur les trente dernières années, la distance idéologique entre électeurs démocrates et républicains a effectivement augmenté, car les deux camps se sont éloignés du centre, mais à des rythmes différents. Ce sont surtout les électeurs démocrates qui se sont déplacés sur des positions plus progressistes sur un ensemble de sujets (notamment les droits des minorités), tandis que les républicains ont bougé beaucoup moins.

L’étude souligne aussi que la polarisation ne se résume pas à un tri partisan plus net (partisan sorting), mais reflète une réelle divergence des opinions entre les groupes, mesurée sur des dizaines de dimensions d’opinion.

En clair : la polarisation idéologique mesurée dans cette recherche n’est pas simplement due à un glissement symétrique vers les extrêmes, mais plutôt à un déplacement plus marqué vers la gauche des électeurs démocrates, ce qui élargit l’écart avec ceux qui se situent à droite ou au centre.

Référence de l’étude : Ojer et al. (2025), “Charting multidimensional ideological polarization across demographic groups in the USA”, Nature Human Behaviour, DOI : 10.1038/s41562-025-02251-0
 
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lundi 9 février 2026

Canada — des milliards pour l’assurance maladie des soi-disants « réfugiés »

Le programme permettant aux demandeurs d’asile de bénéficier gratuitement de n’importe quel service de santé au pays a coûté 2,6 milliards de dollars aux contribuables canadiens depuis une dizaine d’années.

Les personnes qui demandent l’asile au Canada reçoivent à leur arrivée au pays un «document d’identité du demandeur d’asile» surnommé poétiquement «papier brun» (à cause de sa couleur).

Ce formulaire leur donne accès à tout type de service de santé, sans distinction, dans le cadre du «Programme fédéral de santé intérimaire» (PFSI). Outre les soins de base, ils peuvent par exemple bénéficier de services dentaires urgents, de soutien psychologique et obtenir des médicaments sur ordonnance sans avoir à débourser quoi que ce soit.

Il n’y a pas si longtemps, les coûts de ce programme étaient somme toute assez raisonnables. 
En 2023, des centaines de personnes ont demandé à l'asile à l'aéroport Pearson, puis se sont retrouvées dans des églises de la région, dans des refuges municipaux ou dans la rue.

Pour 2016-2017, on parle d’environ 66,3 M$, alors qu’un peu plus de 84 300 personnes avaient obtenu des services de santé avec leur papier brun. Cela représente à peu près 786$ par tête de pipe.

Mais l’augmentation fulgurante du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés a radicalement changé la donne. Les remboursements frôlaient l’an dernier les 824 M$ (+1142%), pour 404 387 bénéficiaires (+379%), soit 2037$ par personne (+159%)!
Difficile à gérer

Naturellement, le programme est devenu par le fait même beaucoup plus lourd et difficile à gérer pour le gouvernement.

À preuve, les frais de gestion du PFSI n’ont cessé d’augmenter pendant cette même période, passant de 293 465$ à plus de 2 M$.

Suivant la même tendance, les coûts associés au traitement des réclamations ont atteint 32,9 M$ l’an dernier, alors qu’ils étaient de 3,7 M$ il y a dix ans.

Point de bascule

C’était devenu trop cher, même pour le gouvernement libéral, ce qui n’est pas peu dire.

Le lendemain de la publication de ces chiffres dans un document déposé à la Chambre des communes à la fin janvier, le ministère de l’Immigration a discrètement annoncé les modalités du nouveau système de «copaiement» dont la mise en place a été prévue dans son dernier budget.

À compter du mois de mai, les bénéficiaires du PFSI devront payer 4$ pour chaque médicament «délivré ou renouvelé» grâce à leur papier brun. Ils devront aussi payer 30% du coût des «services de santé supplémentaires admissibles», comme les soins dentaires, ophtalmologiques, le soutien psychologique et les appareils fonctionnels.

Les soins médicaux de base continueront d’être couverts en totalité.


Évolution des coûts du programme d’assurance maladie des demandeurs d’asile


2016–2017: 66,3 M$

2017-2018: 95 M$

2018-2019: 136,4 M$

2019-2020: 198,9 M$

2020-2021: 198,2 M$

2021-2022: 256,5 M$

2022-2023: 344,9 M$

2023-2024: 541,4 M$

2024-2025: 823,9 M$

Total 2016-2025: 2,6 G$

Sources: Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Le Journal de Montréal